Bretagne Friday Magazine 1
Margaux Habert

«En Bretagne, il fait beau dix fois par jour»

par Margaux Habert

18 OCTOBRE 2019

Voyage

La péninsule celtique, à l’ouest de la France, vit au rythme de l’océan et des caprices du ciel. Margaux est allée visiter la Riviera bretonne, sur terre et en mer.

Des palets bretons m’attendent dans ma chambre d’hôtel. Ces biscuits typiques de la région sont des bombes de beurre. C’est sûr, je suis bien en Bretagne. Si j’avais encore un doute, il se dissipe quand j’admire la vue sur l’océan. J’abandonne vite mes bagages et cours sur la plage.

Nous sommes le 1er octobre. Il fait doux, le ciel est très bleu et très gris à la fois. Il change de couleur aussi vite que la vie est paisible. Et elle l’est: je suis entre deux saisons touristiques, et on jurerait que le temps s’est arrêté dans la petite station balnéaire de Bénodet. À part quelques pêcheurs et promeneurs, je ne partage le bord de mer qu’avec les goélands.

Bretagne Friday Magazine 2
Margaux Habert

L'eau est fraîche: pas plus de 16 degrés en octobre.

En longeant la plage, je m’arrête pour discuter une trentaine de minutes avec deux gentilles grands-mères, Marguerite et Liliane. L’une est Bretonne, l’autre Normande. Pour rien au monde elles ne quitteraient le village, qui ne compte que 3000 âmes en dehors des saisons touristiques. En été, Benodet accueille 25'000 vacanciers. «Prenez une bolée de cidre brut avec vos crêpes ce soir, c’est délicieux!». La bolée est une sorte de petit bol dans lequel le cidre est servi.

Bretagne Friday Magazine 3
Margaux Habert

Le phare du Coq, à Bénodet.

Le soir, à la crêperie La Mouette Rieuse, je suis les conseils des deux femmes. Frédéric m’apporte ma crêpe salée, au blé noir, puis la sucrée, au froment. Pour cette dernière, je choisis la tatin: pommes confites, caramel beurre salé, glace vanille. Son parfum est alléchant, son goût encore meilleur. Il faut vraiment que j’apprenne à faire d’aussi bonnes crêpes. C’est justement ce qui m’attend le lendemain.

Bretagne Friday Magazine 4
Margaux Habert

Frédéric m'apporte ma crêpe salée: chèvre, lard, tomates, crème fraîche et salade. «On peut mettre tout ce qu'on veut dans une crêpe!»

J’ai rendez-vous au centre du village de Bénodet pour un atelier crêpes avec Véronique et sa billig. C’est comme ça qu’on appelle la machine à crêpes en breton. Véritable puits de culture, Véro me raconte les origines celtiques de la région, les liens maritimes avec la Grande-Bretagne… et la différence entre une galette de sarrasin et une crêpe de blé noir. En fait, le nom change selon où on se trouve. Ici, en Basse-Bretagne, c’est blé noir, mais la recette est la même en Haute-Bretagne: de la farine de sarrasin, de l’eau, du gros sel.

Bretagne Friday Magazine 5
Margaux Habert

Véronique tient une photo de ses grands-mères en habit traditionnel. «Toutes les femmes de ma famille font des crêpes.»

Elle m’apprend aussi à mélanger la pâte à la main, puis elle me guide sur la billig. Le geste est délicat mais sûr. Ma première tentative n’est pas très esthétique, mais ma professeure du jour me rassure: «Elle est bonne, c’est ce qui compte, non?» Entièrement d’accord. Avec un peu de pâte à tartiner au caramel beurre salé, j’oublie vite que ma crêpe n’était pas très élégante. Je la mange en regardant le ciel incertain. «En Bretagne, il fait beau dix fois par jour», me dit Véronique en souriant.

Bretagne Friday Magazine 6
Margaux Habert

Le ciel breton peut être d'un bleu intense, tout en étant nuageux. Somptueux.

Je passe l’après-midi au Relais Thalasso de Bénodet. Il fallait bien une séance de bain d’eau de mer, un enveloppement d’algues et un massage sous pluie marine pour digérer mes nombreuses crêpes. Sylvie, la directrice du centre de bien-être, m’explique que la clientèle évolue; les plus jeunes sont désormais aussi séduits par l’idée de passer quelques jours à se faire dorloter. Je sors de l’établissement parfaitement détendue. Je comprends très bien ce que voulait dire Sylvie.

Bretagne Friday Magazine 7
Margaux Habert

Au Relais Thalasso de Bénodet, rénové il y a quelques mois, l'ambiance est cosy.

Le soir, j’arrive à Cap Coz, à la pointe de Fouesnant-les Glénan. C’est un bras de terre qui doit faire moins de 40 mètres de large à marée haute. L’eau calme de la baie chatouille la façade de l'hôtel. Au restaurant, je goûte plusieurs plats à base de poisson, dont une sorte de petits poivrons fourrés de rillettes de cabillaud surmontés d'une tuile de parmesan. Le tout avec une vue féerique sur la baie. Les effets du bien-être se poursuivent ainsi jusque dans mon assiette.

Bretagne Friday Magazine 8
Margaux Habert

À Cap Coz, dans le prolongement de Fouesnant, la lumière sur la baie est féerique.

Bretagne Friday Magazine 9
Margaux Habert

Le ciel redevient clair lorsque je passe à table au restaurant de l'Hôtel de la Pointe, où je loge.

Réveil à 7 heures pour partir en mer une heure plus tard. Je ne regrette pas de m’être levée avant le soleil, ce dernier offre un spectacle à couper le souffle sur la plage.

Bretagne Friday Magazine 10
Margaux Habert

Le lever du soleil sur la plage de Cap Coz vaut la peine de se réveiller à l'aube.

J’ai rendez-vous au Centre Nautique de Fouesnant pour embarquer sur un catamaran. Yann, le skipper, connaît bien les eaux bretonnes. Grand globe-trotter, il connaît aussi les Antilles ou encore la côte pacifique de Vancouver à l’Équateur. Maîtrise. Ce matin, nous prenons la direction des Glénan, un archipel inhabité à 18 kilomètres des côtes, rattaché à la commune de Fouesnant.

Bretagne Friday Magazine 11
Margaux Habert

Cap sur les Glénan à bord d'un catamaran.

Après un peu plus de deux heures à naviguer sous les nuages, Yann jette l’ancre dans des eaux turquoises à quelques dizaines de mètres d’une des îles et nous préparons le repas. Au menu: huîtres, langoustines, cidre, rillettes, salade, crêpes et pâtisseries bretonnes. Le soleil revient. Festin avec vue.

Bretagne Friday Magazine 12
Margaux Habert

Des huîtres, une eau turquoise, une île déserte. Le paradis.

Nous quittons les Glénan, le fort et le club de voile fermé en cette période de l’année. En chemin pour l’Île aux Moutons (qui n’habite aucun mouton mais des phoques), Yann m’apprend les bases de la navigation sur un catamaran tandis que le vent et la pluie viennent nous mettre à l’épreuve. De retour au port en fin de journée, je suis lessivée mais comblée.

Bretagne Friday Magazine 13
Margaux Habert

Je m'essaie à la navigation. Bernard Stamm n'a qu'à bien se tenir!

Pour mon dernier jour à explorer la Riviera bretonne, je longe littéralement la côte. Lulu, la guide nature que tout le monde connaît ici, m’emmène sur le GR 34, dit le sentier des douaniers. Nous suivons un chemin au bord des falaises. Parfois, nous devons même descendre quelques marches et passer rapidement par le sable des petites criques, entre deux vagues en raison de la marée haute.

Bretagne Friday Magazine 14
Margaux Habert

Le GR 34 longe la côte sur 1700 km.

Elle me raconte la faune, la flore, l’histoire des maisons qui ont dû céder quelques mètres de leurs jardins à l’État pour que celui-ci puisse assurer un sentier sans (trop) d’interruptions le long des côtes. La nature y est préservée et magnifique, aucune construction ne perturbe notre balade. Le tracé, qui part du Mont-Saint-Michel et se termine à Saint-Nazaire, s’étend sur 1700 km. Nous en parcourons quelques-uns, en passant par la plage de Kerveltrec en direction de la pointe de Beg-Meil.

Bretagne Friday Magazine 15
Margaux Habert

La Cale de Beg-Meil et ses petites coques en plastique.

Nous faisons un détour par le marché de Fouesnant où l’on vend des crabes vivants, de nombreuses espèces de poissons et des pâtisseries bretonnes. Je fais une infidélité aux crêpes pour goûter le kouign-amann, qui peut se traduire par «petit pain au beurre». J’aurais envie de dire plutôt «beurre au petit pain». J’apprends que le «New York Times» le qualifie de pâtisserie la plus grasse de toute l’Europe. C’est l’une des meilleures sucreries que j’ai goûtées.

Bretagne Friday Magazine 16
Margaux Habert

Coquillages et crustacés au marché de Fouesnant.

Avant de prendre la route pour l’aéroport de Nantes, je mange une dernière crêpe et sa bolée de cidre. La Bretagne a su séduire mes sens, particulièrement le goût et la vue. Je reviendrai vite, c’est sûr. Kenavo, ken ar wech all*!

*Au revoir, à bientôt, en breton

Le voyage a été offert par Atout France. La rédaction remercie Sensation Bretagne pour son soutien.

On te suggère aussi...
As-tu aimé cet article?
  • :(
  • J'adore! no Data :(
  • Hahaha! no Data :(
  • Wouah! no Data :(
  • Triste no Data :(
  • En colère no Data :(
  • J'adore!
  • Hahaha!
  • Wouah!
  • Triste
  • En colère