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Une marque de sportswear s’active contre la discrimination fondée sur l’identité de genre

par Emmanuel Coissy

12 FÉVRIER 2020

Société

La dernière collection du label Chromat a été présentée à New York. Ce happening soutient les revendications des athlètes atteintes d’hyperandrogénie.

Nous sommes au Rise By We, un fitness chic de Financial District tout au sud de Manhattan. C’est là que dimanche le label Chromat, spécialiste du sportswear, a présenté sa collection automne-hiver 2020-2021 dans le cadre de la Fashion Week. Cultiver la diversité, c’est l’ADN de la marque, fondée en 2010, par Becca McCharen-Tran. La styliste américaine, mariée à une femme, a été précurseur dans le mouvement Body Positive, suivi aujourd’hui par tous les grands équipementiers dont Nike et Adidas.

La présentation de dimanche était, en fait, un happening joyeux où les modèles ont vraiment fait du sport et dansé devant le public. Plusieurs personnes non binaires faisaient partie des performeurs. Le show était, de ce point de vue-là, une manifestation contre la discrimination fondée sur l’identité de genre. Un logo symbolisant les genres féminin, masculin et neutre figure même sur certains T-shirts.

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Le logo symbolise l'union de tous les genres.

Selon «Vogue», sur les murs de la salle, des écrans diffusaient par intermittence une interview de la sprinteuse indienne Dutee Chand, atteinte d’hyperandrogénie (production excessive de testostérone). Médaillée d’argent sur 100 et 200 mètres aux Jeux asiatiques en 2018, elle a livré une bataille juridique après sa suspension en 2014 et a été réintégrée.

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Dutee Chand, atteinte d'hyperandrogénie, inspire le label new-yorkais.

Les athlètes hyperandrogènes, telles que Dutee Chand et la coureuse sud-africaine Caster Semenya, sont actuellement au cœur d’une controverse. Les plus hautes instances les ont exclues des compétitions féminines parce que leur taux élevé de testostérone seraient directement corrélés à les excellentes performances. L’hyperandrogénie de ces athlètes les avantagerait de manière inéquitable. Elles sont donc interdites de compétition et se voient proposer, pour leur réintégration, une ablation partielle du clitoris pour faite baisser la sécrétion d’hormone mâle. En France et en Allemagne, des cas de mutilations sans le consentement de certaines sportives ont été dénoncés par des chaînes de télévision.

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Caster Semenya fait partie des athlètes exclues des compétitions.

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