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Emmanuel Coissy

Un royaume perché sur le toit du monde

par Emmanuel Coissy

18 JANVIER 2020

Voyage

Le Bouthan est la meilleure destination de 2020, selon le «Lonely Planet». C’est l’unique pays du monde à avoir un bilan carbone négatif. Notre journaliste, Emmanuel, s’y est rendu en 2016.

L’avion tanguait entre des montagnes culminant à 5500 mètres. Le couloir qui permet l’atterrissage à Paro est étroit et la piste courte. L’unique aéroport international du Bhoutan est considéré comme le plus dangereux du monde. Seuls 26 pilotes sont habilités à s’y poser, l’opération est entièrement manuelle.

À mon arrivée, en avril 2016, j’ai été émerveillé par la façade richement décorée de l’aéroport. L’ouvrage est propre à la culture de ce petit royaume perché dans l’Himalaya, entre l’Inde et le Tibet. Son accès est limité (150’000 visiteurs maximum par an) et sa visite constitue un privilège pour l’étranger qui doit payer un forfait journalier oscillant entre 200 et 280 francs (taxe de séjour, guide obligatoire, logement). Je m’y étais rendu pour un reportage.

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L'aéroport international de Paro.

À la fin de l’année dernière, le «Lonely Planet» a annoncé que le Bhoutan serait la meilleure destination de 2020. Le célèbre guide de voyage a fondé son choix sur le fait que le pays était le seul à avoir un bilan carbone négatif et la première nation à l’agriculture 100% bio.

Cette monarchie constitutionnelle se présente aussi comme le champion du «bonheur national brut». C'est, bien sûr, une image idyllique imposée par le régime et qui ne saurait faire oublier certains problèmes socio-économiques (pauvreté, chômage, exode rural) et politiques (tensions avec l’Inde et la Chine). Même si le Bhoutan n’est pas exactement le paradis sur terre, il lui ressemble un peu. Du moins, dans mes souvenirs.

Le survol de l’Himalaya
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L'Everest vu à travers le hublot.

On accède au royaume en décollant de Katmandou, au Népal. Le vol dure moins d’une heure. À l’enregistrement, les passagers font des pieds et des mains pour être assis du côté de la chaîne de l’Himalaya. Au moment où le commandant annonce que l’avion approche de l’Everest, les voyageurs assis du mauvais côté se lèvent pour prendre des photos. L’équipage est un peu en émoi parce que cela peut provoquer un déséquilibre de l'appareil. Le survol de ces montagnes est une des plus belles expériences de ma vie.

Faire genre en gho
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Notre journaliste, Emmanuel, et sa consœur Séverine.

Beaucoup d’hommes portent le gho, le vêtement traditionnel bhoutanais. Les femmes, elles, portent la kira, une jupe. Comme je voyageais avec un groupe de journalistes romands, une consœur, Séverine, acheta un gho en même temps que moi, le préférant à la kira. Un jour, nous les avons revêtu pour sortir. Les Bhoutanais étaient médusés et amusés en voyant une fille porter l’habit masculin. Ce geste, à leurs yeux, était surréaliste.

La montée au Nid du tigre
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Le site surplombe un précipice de 700 mètres.

À pied! Deux heures à l’aller et deux autres au retour. Tel est le temps nécessaire à l’ascension puis à la descente. Taktshang (le Nid du tigre) est un monastère, composé de sept temples, à 3120 mètres d’altitude dans la vallée de Paro. Chaussés de sandales, les enfants moines, rompus à cet exercice, foncent et dépassent les touristes dans la montée. L’édifice est l’emblème du royaume. La découverte de ce lieu sacré justifie un voyage au Bhoutan.

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Tout est acheminé à pied.

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Deux religieux sur le chemin du monastère.

Les Bhoutanais
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Un élève de l'école d'art de Thimphou.

Durant la visite de l’école d’art de Thimphou mon attention a été attirée par les tatouages d’un élève. Nous avons discuté et il m’a dit qu’il en avait même un sur le torse, du côté du cœur. Il s’agissait du portrait de la fille de ses rêves, affirma-t-il. Pour un étranger, le contact avec la population est aisé dans la capitale où les gens parlent un peu anglais. Dans les zones rurales, où les habitants s’expriment en dzongkha, le guide qui accompagne les voyageurs sert de traducteur.

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Un promeneur dans les environs de Thimphou.

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Un agriculteur de la région de Thimphou.

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Une équipe bhoutanaise à l'aéroport de Katmandou.

Les brumes éternelles
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Les rizières et le village de Lobesa dans la vallée de Punakha.

À la montagne, le temps est variable. Les excursions sont idéales quand le soleil brille. Cependant, j’ai aimé voir certains sites dévorés par la brume. Elle leur conférait un mystère. Il s’en dégageait une atmosphère surnaturelle.

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Le col de Dochula.

Le village des phallus
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Lobesa est une curiosité. Ce village est une halte qui fascine les touristes parce que des verges en érection sont peintes sur les murs des maisons. Des phallus en bois trônent aussi dans les vitrines des boutiques. C'est un symbole de fertilité lié à une croyance. Une personne stérile va en pèlerinage à Lobesa dans l’espoir de guérir.

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