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Troubles alimentaires et apps de rencontres sont connectés

par Margaux Habert

5 JUIN 2019

Health

Une étude menée aux États-Unis pointe le lien entre les applications de rencontres et les comportements alimentaires à risque. Femmes et hommes, tous sont concernés, mais le danger est multiplié par 27 pour les utilisatrices.

À l’ère des réseaux sociaux, tout est une question d’image. C’est d’autant plus vrai sur les apps comme Tinder, OkCupid et autres Grindr. Selon une récente étude réalisée par la Harvard School of Public Health sur 1769 Américains âgés de 18 à 65 ans, la corrélation entre l'utilisation de ces apps et les troubles alimentaires est grande: le risque d’en développer est environ 3 à 16 fois plus grand pour les adeptes de ces applications que pour les non-initiés. Un danger qui concerne aussi bien les femmes que les hommes.

Mais les genres ne sont pas touchés de la même manière. Les femmes, elles, ont plutôt tendance à se faire vomir, jeûner, prendre des pilules coupe-faim, amaigrissantes ou des laxatifs. Elles sont d’ailleurs encore plus concernées: elles ont 27 fois plus de risque de développer ces troubles que la moyenne des non-utilisateurs de Tinder et autres.

À l’inverse, les hommes ne cherchent pas à perdre du poids, mais bien à en prendre. Ils optent ainsi plus souvent pour la prise de compléments alimentaires ou stéroïdes censés booster l’augmentation de la masse musculaire.

Effet pervers

Selon Alvin Tran, auteur de l’étude et chercheur à la Yale School of Medicine, si ces applications de rencontres permettent à certains de se sociabiliser, elles ont aussi l’effet pervers inverse: les utilisateurs sont en permanence dans un cycle d’évaluation de photos et de descriptions d’autres personnes, tandis qu’ils sont eux-mêmes scrutés à la loupe.

L’étude évoque aussi des disparités ethniques. Ainsi, les minorités comme les Afro-Américains, les Latino-Américains, ou encore les Asio-Américains ont beaucoup plus de risques d'adopter de tels comportements que les personnes blanches qui utilisent ces apps.

Pour le responsable de l’étude, «bien que nous ne connaissions pas les éventuels comportements à risque des sondés avant leur inscription sur ces sites de rencontres, nous craignons que celles-ci ne favorisent ces troubles alimentaires». Il relève toutefois que les programmateurs de certaines apps semblent conscients du phénomène. Grindr a notamment lancé l’initiative «Kindr Grindr». L’app de rencontres gay espère ainsi mettre fin au racisme, à la transphobie et à la grossophobie.

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