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Sextoy féminin primé puis privé de récompense

par Eva Grau

10 JANVIER 2019

Life

Le prix de l’innovation robotique lui avait été attribué par le plus grand salon high-tech du monde. Mais les organisateurs ont jugé le vibromasseur «immoral, obscène, indécent» et lui ont retiré sa récompense. Tollé!

Sexiste, le monde de la technologie? Vous m’en direz tant! A peine ouverte, l’édition 2019 du CES (Consumer Electronics Show), qui se tient en ce moment à Las Vegas, fait déjà scandale. La raison? Ce salon high-tech − le plus grand du monde − a décerné cette année son prix de l’innovation robotique à un sextoy féminin. Avant de le lui retirer aussi sec, la Consumer Technology Association (CTA), qui organise la manifestation, jugeant ledit objet du désir «immoral, obscène, indécent, profane et pas en accord avec l'image de la CTA».

Produit par la société américaine LoraDiCarlo, le sextoy, baptisé Osé, est conçu pour reproduire «toutes les sensations de la bouche humaine, de la langue et des doigts», selon son fabricant. Est-ce cette promesse qui a choqué la CTA? Le fait est que, selon le site Motherboard, LoraDiCarlo a reçu un mail du CTA le 10 octobre dernier, lui annonçant qu’Osé avait été primé. Le 31 du même mois, un autre message l’informait que la récompense lui était retirée.

Pour justifier ce revirement, la CTA aurait donné plusieurs explications successives: elle aurait d’abord invoqué le côté immoral et obscène du sex-toy, puis affirmé que, selon son règlement, elle se réservait le droit de disqualifier un produit n'importe quand, si celui-ci présentait «un danger pour la sécurité ou le bien-être de qui que ce soit». Enfin, elle aurait prétendu qu’Osé n'était pas éligible dans la catégorie «Robotique et Drone».

Huit brevets en attente

Dans une longue tribune publiée en ligne, Lora Haddock, fondatrice de LoraDiCarlo, balaie cet argument: «Osé fait l'objet de huit brevets en attente et il est le résultat de prouesses techniques en biomimétisme et robotique (...) Notre équipe est constituée de femmes ingénieures LGBTQ qui sont de vraies génies (et de quelques hommes formidables) qui travaillent sur tous les aspects de ce produit − notamment un docteur en génie mécanique spécialisé en sciences des matériaux.»

Dans son post, Lora Haddock rappelle que le CES a, par le passé, déjà primé d’autres objets sexuels comme des robots strip-teaseuses, des poupées sexuelles ou des innovations dans le domaine de la pornographie en réalité virtuelle. «La sexualité des hommes a le droit d'être explicite (...) Mais la sexualité féminine, en revanche, est passée sous silence quand elle n'est pas bannie», écrit-elle.

Coup de pub inespéré

Lora Haddock poursuit: «Il semble que la CTA n’a rien contre les produits pour les femmes comme les pompes à lait, les appareils de gym et même les robots aspirateurs, mais quelque chose qui clairement se concentre sur la sexualité des femmes n’est pas acceptable.» Et d’ironiser en nommant les nouveautés qui ont été honorées cette année: «2 robots aspirateurs, 1 robot skateboard, 4 jouets pour enfants, 1 robot shopping friend. On dirait que tous les centres d’intérêt des femmes sont représentés, non?»

Mise en ligne mardi, la tribune de Lora Haddock se diffuse rapidement sur les réseaux sociaux via le hashtag #CESGenderBias. Et comme à quelque chose malheur est bon, la polémique donne un sacré coup de pub à LoraDiCarlo et à son Osé. Selon le site Frandoid, le stand de la société au salon est assailli par les visiteurs.

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