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Unsplash/Erol Ahmed

Oser montrer le sang des règles pour briser le tabou

par Marie-Adèle Copin

18 SEPTEMBRE 2019

Health

Pour normaliser les cycles menstruels, l’ONG Care France et le collectif Les Nanas d'Paname lancent la campagne #RespectezNosRègles sur Instagram avec le soutien de militantes.

La tâche de sang dans la culotte ou sur le jean est une peur que nous avons toutes vécue et ce n'est pas normal. À la demande de l'ONG Care France (qui lutte contre la pauvreté dans le monde) et le collectif Les Nanas d'Paname, douze influenceuses et militantes françaises ont partagé le hashtag #RespectezNosRègles sur Instagram. Elles l'ont accompagné d’une photo d'elles avec une tâche rouge à l'entre-jambe et de leur témoignage ou d'un message inspirant.

Camille Aumont de @Jemenbatsleclito, Noémie de Lattre, Iael Joly, Julie Robert, Caroline Drogo, Fanaha, Sarah Da Silva, Anaïs Delva, Justine Bonds du compte Sang-Sations ou encore Kelly Bessis, se sont prêtées au jeu de la séance photo qu'elles ont ensuite repartagé sur leurs comptes respectifs.

«Un nez qui saigne en public ne gêne personne, tandis qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe»

«Comment est-il possible qu’un nez qui saigne en public ne gêne personne, tandis qu’un vagin qui saigne fait l’effet d’une bombe ? Le tabou des règles tue. Aux quatre coins du monde, il tue des femmes ostracisées, menacées, chassées ou condamnées. En France, il tue des femmes infectées par des matériaux toxiques et mal testés. Dans nos rues, il tue des femmes qui, faute de moyen, ont utilisé des objets inappropriés et sales! Et si les règles n’étaient plus un tabou?»

Noémie de Lattre, militante et artiste

Pourquoi se mobiliser contre le tabou des règles?

C'est un sujet qui a beau concerner la moitié de l'humanité, les règles restent tabou. Dans certains pays du monde, les menstruations sont même une source de discrimination envers les femmes. Dès l'arrivée de leurs premières règles, les jeunes femmes sont forcées de quitter les bancs de l'école. Le 6 septembre, une écolière keyniane de 14 ans s'est suicidée après avoir été humiliée par son enseignante à cause d'un vêtement taché de ses règles.

Un fait divers qui a fait réagir CARE France: «Nous en avons assez! Nous voulons inciter toutes et tous à s'interroger sur la menstruation, ce phénomène naturel. Nous dénonçons les impacts de ce tabou partout dans le monde. Dans certains pays, les femmes et les filles sont considérées comme impures quand elles ont leurs règles, elles sont exclues socialement, voire exilées de leur maison; leur santé est mise en danger; à la puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité.»

La campagne invite les internautes à relayer les images des militantes pour qu'ainsi, de plus en plus de femmes osent parler de ce sujet. Selon certaines associations, entre 1,5 et 2 millions de femmes n’ont pas les moyens ou la possibilité d’accéder aux protections hygiéniques en France. Les plus touchées sont dans la rue ou dans les prisons.
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