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«La tempête émotionnelle dépend du ressenti de chacune»

par Gina Buhl

28 SEPTEMBRE 2018

Health

Notre rédactrice Gina Buhl à rencontré Ulrike Ehlert psychologue de Département de Psychologie à l'Université de Zurich. Elle nous parle du syndrome prémenstruel. Interview.

Mme Ehlert, à quoi pourrait-on comparer le syndrome prémenstruel? Tout dépend si la personne souffre de troubles psychiques ou physiques. Les symptômes physiques ressemblent à ceux du syndrome du côlon irritable, mais l’abattement que décrivent beaucoup de patientes est moins fort qu’en cas de troubles anxieux ou de dépression classique.

La tempête émotionnelle est donc moins forte? Pas du tout. Mais cela dépend du ressenti de chacune. Beaucoup de femmes se sentent plus irritables, mais ne s’en formalisent pas. D’autres souffrent suffisamment pour se sentir handicapées dans leur quotidien. Puis il y a celles qui souffrent de ce qu’on appelle le trouble dysphorique prémenstruel.

Qu’est-ce que c’est? Une dépression grave qui commence à la deuxième moitié du cycle et disparaît au début des règles.

C’est donc une version hardcore du syndrome prémenstruel? Exactement. Ca n’a rien à voir avec les sautes d’humeurs qu’on a lorsqu’on est atteinte du syndrome prémenstruel. Certaines femmes se sentent tellement mal qu'elles pensent au suicide.

Est-ce que cela signifie que certaines femmes ont besoin de suivre une psychothérapie? Oui absolument. Mais il convient tout d’abord d’obtenir un diagnostic de la part d’un psychologue ou d’un psychiatre. Et en plus de la psychothérapie qui suit, certaines doivent également prendre des antidépresseurs.

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Ulrike Ehlert psychologue de Département de Psychologie à l'Université de Zurich.

Il est surprenant que l'on parle si peu du syndrome prémenstruel... Oui, car il n'y a pratiquement pas de de recherches sur le sujet. Pourtant, il s’avère que de plus en plus de femmes souffrent de dépressions. Ces dernières qui sont souvent liées à leur aptitude à procréer sont simplement mises sous silence. C’est inquiétant car nous savons que les femmes qui souffrent du syndrome prémenstruel ou du trouble dysphorique prémenstruel sont plus susceptibles de souffrir de dépression après la naissance d’un enfant et à la ménopause.

Pourquoi n’en parle-t-on pas plus? Il s’avère que de nombreux domaines scientifiques sont dominés par les hommes. Ces derniers ont d’autres intérêts.

C’est plutôt problématique étant donné que 50% de l’humanité est faite de femmes. Tout-à-fait. Mais notons que seule une petite partie de l’humanité souffre de syndrome prémenstruel. Il est important de ne pas trop dramatiser la chose, ni de la banaliser. Les femmes dont le quotidien est affecté par le syndrome devraient pouvoiren parler à un gynécologue ou à un psychothérapeute.

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