Shutterstock 9080171Aj

Qui es-tu, Emrata?

par Irène Schäppi

10 JUILLET 2018

Entertainment

Emily Ratajkowski ne laisse personne indifférent. Qu’on admire l’audace avec laquelle elle célèbre sa sexualité, ou qu’on déplore qu’elle confonde nudité et féminisme.

Début mars, Emily Ratajkowski a été récompensée aux Inspire Awards de l’Université de Californie du Sud. Des prix qui distinguent les femmes à l’action particulièrement courageuse et inspirante. Mais tout le monde s’en moque. Ce n’est pas pour son engagement philanthropique que le top modèle fait débat, mais pour tout ce qu’il fait d’autre.


En février, par exemple,son mariage soudain avec l’acteur et producteur américain Sebastian Bear-McClard a valu à la Californienne de 28 ans de nombreuses félicitations. Mais aussi des commentaires du genre: «Waouh, je leur donne trois semaines!» Emily – Emrata pour ses 17,7 millions de followers sur Instagram – suscite la controverse jusqu’au sein même de notre rédaction. Dès que son nom est lâché en réunion, certains lèvent les yeux au ciel tandis que d’autres s’empressent de vanter ses mérites. La jeune femme ne laisse personne indifférent.


Fille d’un artiste et d’une prof de littérature, elle s’est fait connaître en 2013 grâce au clip «Blurred Lines», de Robin Thicke, dans lequel elle dansait lascivement autour du chanteur, tout juste vêtue d’un slip nude et chaussée de baskets à talons. Cinq ans plus tard, la pulpeuse brune est célèbre dans le monde entier. Ses posts suggestifs sur les médias sociaux y sont sans doute aussi pour quelque chose: depuis le début de l’année, Emrata a déjà posté 18 photos d’elle topless, et ne semble pas près de s’arrêter. Son attitude décomplexée envers la nudité n’est pas vraiment une surprise. Quand Emily était enfant, sa famille passait ses vacances sur les plages nudistes d’Europe, et l’oeuvre de son père, John David, est habitée par les corps féminins.


Certes, elle a joué dans des films tels que «Gone Girl», de David Fincher, en 2014, ou «I Feel Pretty», au côté de l’humoriste américaine Amy Schumer. Mais ses performances d’actrice sont éclipsées par l’érotisme qui émane de ses clichés Instagram, ou ne sont que des excuses pour célébrer encore sa plastique. A croire que ses lèvres gourmandes et la rondeur de ses seins permettent difficilement de l’imaginer dans un rôle féminin fort.


Pourtant, le fait qu’Emily Ratajkowski s’affirme féministe alors qu’elle poste des photos dénudées sur Instagram en hérisse certains. Trop sensuelle pour défendre la cause des femmes! On va même jusqu’à parler de pornographie. D’autres reprochent à l’actrice son pseudo-engagement et son opportunisme. Interrogée par Friday, Andi Zeisler, auteure du livre «We Were Feminists Once», ne mâche pas ses mots: «Kim Kardashian et elle présenteraient-elles leurs selfies comme des actes féministes si ce n’était pas considéré comme un geste cool?»

1 Credit Instagram Emrata

Mais pourquoi tant de personnes désapprouvent que des femmes se montrent sexy tout en se revendiquant féministes? «Dans leur lutte contre le patriarcat, les féministes avaient un problème avec la sexualité féminine. Mais j’estime qu’aujourd’hui les femmes ne devraient plus nier leur sexualité», explique Emily dans une interview pour le magazine «Allure». «Je veux vivre ma sexualité comme je l’entends et la célébrer. Ça ne devrait plus être un problème, dans notre société», se justifie-t-elle. Un avis que semblent partager les lectrices de Friday, comme l’a démontré un sondage que nous avons mené sur Instagram et Facebook. Les réponses des fans d’Emily étaient éloquentes: «Pourquoi ne pourrait-elle pas être féministe? Ne s’agit-il pas, justement, de dire que chacun peut faire ce qu’il veut, libéré du carcan de la société? Par exemple en s’habillant de manière sexy?» «Apparemment, la mission d’Emily serait de nous donner du courage», écrit une photographe. Exactement ce qu’explique l’actrice dans une interview: «Je veux que les femmes voient qu’elles peuvent être ce qu’elles veulent. Qu’elles soient ce qu’elles veulent être.» Pour l’Américaine, les médias sociaux sont l’outil idéal: «Je fais partie d’un féminisme qui se sert d’Internet pour relayer ses idées», poursuit Emily. Sans doute judicieux, à une époque où l’on a pu constater la force du mouvement #metoo. Et où des influenceuses comme Kylie Jenner peuvent faire plonger des plateformes telles que Snapchat d’un seul commentaire négatif.


Reste que certaines lectrices de Friday aimeraient beaucoup qu’Emily Ratajkowski utilise sa présence sur les réseaux sociaux pour montrer une autre facette de sa personnalité.Pourquoi n’a-t-elle pas évoqué la récompense que lui a décernée cette prestigieuse université? Même pas un mot sur Insta!

On te suggère aussi...
As-tu aimé cet article?
  • :(
  • J'adore! no Data :(
  • Hahaha! no Data :(
  • Wouah! no Data :(
  • Triste no Data :(
  • En colère no Data :(
  • J'adore!
  • Hahaha!
  • Wouah!
  • Triste
  • En colère