Istock 924138902
Istock

Que font les boîtes de nuit de nos affaires oubliées?

par Marie-Adèle Copin

31 AOÛT 2018

Life

Nous avons toutes déjà perdu une veste, des clés ou une écharpe en club. Et parfois, on ne les récupère jamais. On a demandé à quelques boîtes de Suisse romande ce qu'elles font de nos affaires abandonnées. Surprise: elles les gardent bien plus longtemps que tu ne le crois.

Il m'est arrivé tellement de fois de perdre ma vie (et ma dignité) en boîte de nuit... Une veste abandonnée au vestiaire, un pull jeté dans un coin. On m'a aussi confisqué des objets à l'entrée de certains clubs, tels qu'un briquet allume-feu ou un magnifique couteau pliable Laguiole avec un manche en bois d'olivier qui traînait au fond de mon sac (toujours pratique au cas où il faut couper un saucisson).

Tous ces objets, je ne suis jamais allée les récupérer. La flemme, je suppose... Comme une quinzaine de personnes chaque semaine dans chaque club, d'après les cinq boîtes de nuit entre Genève et Lausanne que j'ai interrogées sur le sujet. Et leur réponse unanime: les teufeurs oublient leur vie, la nuit.

«Ce qui est étonnant, c'est qu’ils ne viennent pas récupérer leurs affaires», me confirme Nicolas Oggier, codirecteur du Motel Campo, à Genève. Pourtant, nous avons le temps. Tous les clubs contactés le confirment: les fringues sont gardées pendant six mois, voire un an! Ensuite, elles sont données à des associations. Les clés sont quant à elles amenées aux objets trouvés.

Concernant les porte-monnaie et les téléphones, les clubs tentent de contacter leurs propriétaires. Mais souvent, ils se manifestent d'eux-mêmes. Même s'il y a parfois des cas: «Un jour, j'ai écrit à un mec sur Facebook après avoir retrouvé sa carte d'identité, raconte Nicolas. Je lui ai donné mon numéro de téléphone pour qu'on se donne rendez-vous en ville. Le gars ne m'a jamais appelé».

Au Zoo de L'Usine, à Genève, situation encore plus lunaire: «J'ai appelé un mec qui avait oublié son porte-monnaie, explique l'un des employés qui a souhaité garder l'anonymat. Il m'a demandé si je pouvais passer le lui rendre sur son lieu de travail».

La boîte de Pandore


Il arrive aussi de se faire confisquer des affaires à l'entrée (RIP, petit couteau Laguiole). Au Zoo, lors de la fouille, on sort des clés à molette des sacs, des pompes à vélo, des tire-bouchons. «Les gens viennent avec leur vie. Un mec est même venu un jour avec une paire de skis», m’explique l'un des employés.

Danièle McClellan, chargée de communication de l'Audio Club, à Genève, s'étonne elle aussi du nombre d'objets que les gens perdent: «On retrouve tellement de cartes de crédits, de vestes, c’est impressionnant! Un jour, on a même retrouvé une seule chaussure». La godasse orpheline, d'autres boîtes comme le D! Club et le Xoxo Club, à Lausanne, la connaissent bien. «On dirait qu'ils lâchent tout et qu'ils repartent sans rien», poursuit avec amusement Danièle.

C'est exactement ça, une soirée réussie. C'est quand on lâche les chevaux, qu'on se laisse aller. Néanmoins, ce week-end, je vais tenter de revenir chez moi avec tous mes effets personnels. Si ce n'est pas le cas, je sais au moins que je pourrai les récupérer, même dans six mois.

On te suggère aussi...
As-tu aimé cet article?
  • :(
  • J'adore! no Data :(
  • Hahaha! no Data :(
  • Wouah! no Data :(
  • Triste no Data :(
  • En colère no Data :(
  • J'adore!
  • Hahaha!
  • Wouah!
  • Triste
  • En colère