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AFP

Et si l'urgence climatique était déclarée en Suisse? Sept jeunes politiciens nous répondent

par Gina Buhl & Margaux Habert

23 AOÛT 2019

Société

À l'occasion de la sortie de notre édition spéciale sur le climat, nous avons demandé à sept jeunes politiciens quelles mesures devrait prendre le Conseil fédéral si l'urgence climatique était déclarée en Suisse.

«L’innovation est au cœur du défi écologique»

«De manière globale, en tant que jeune libérale-radicale, je considère que l’innovation est au cœur du défi écologique et que l’Etat devrait se cantonner à jouer un rôle incitatif (en soutenant la recherche et l’innovation, par des déductions fiscales,..). Néanmoins, pour répondre à la question par une mesure très concrète et parce que la responsabilité individuelle est au cœur de chaque changement, je proposerais comme première mesure d’instaurer des cours à l’école, pour que dès leur plus jeune âge, les enfants soient sensibilisé aux enjeux écologiques et aux comportements à adopter pour préserver notre futur.»

Mathilde Maillard, 25 ans, secrétaire générale du PLR lausannois, candidate au Conseil national avec les Jeunes PLR (Vaud)

«Les transports publics locaux doivent être proposés à des prix attrayants»

«Les vols au départ de la Suisse vers des endroits accessibles en train en moins de 12 heures de trajet seront interdits. Les liaisons ferroviaires européennes, et en particulier les trains de nuit, seront encouragés. En outre, les transports publics devraient être abordables et accessibles à tous. Dans les villes suisses, les transports publics locaux doivent être proposés à des prix attrayants; le prix des billets en fonction du revenu garantit l'accessibilité financière pour toutes les catégories de revenus. Et la Suisse introduit une taxe sur le CO2 qui correspond au montant des coûts externes générés. 50% des recettes serviront à promouvoir la marche à pied, le vélo et les transports publics et 50% à les redistribuer aux personnes à faibles revenus.»

Maja Haus, 28 ans, co-présidente des Jeunes Verts suisses et membre des Verts suisses, candidate pour le Conseil national (Argovie).

«Tout doit être fait pour limiter l’usage des transports individuels motorisés»

«Le Conseil fédéral devrait prendre des mesures en faveur de transports respectueux de l’environnement, à petite comme à grande échelle. Il est temps de limiter drastiquement les trajets aériens de moins de 1000km et d’imposer une taxe sur le kérosène. En parallèle, il faut encourager le trafic ferroviaire en proposant des tarifs avantageux et un large réseau de lignes directes et de nuit vers toutes les grandes villes d’Europe. Péages urbains, vignette plus chère, taxe carbone… Tout doit être fait pour limiter l’usage des transports individuels motorisés. Cela, en assurant toujours une politique d’accompagnement social qui permette d’éviter de discriminer les classes socio-économiques les plus fragiles de la population. Le gouvernement pourra notamment mettre en place une baisse considérable des tarifs CFF et des transports publics locaux. Enfin, mettre en œuvre «l’arrêté vélo», qui permettrait de considérer le vélo comme un moyen de transport prioritaire. Le Conseil fédéral doit également prendre ses responsabilités sur d’autres thématiques comme la sortie du nucléaire, les investissements publics plus durables ou encore la protection de la biodiversité.»

Katia Leonelli, 22 ans, députée verte au Grand Conseil genevois

«Une taxe sur le CO2 doit être introduite»

«Je considère qu'il est essentiel d'interdire les investissements néfastes pour le climat dans la place financière suisse. En outre, le réseau de trains de nuit en Europe doit être étendu, une taxe sur le CO2 doit être introduite et la libre utilisation des transports publics doit être rendue possible. J'apprécie également la demande des Climate Youth en Angleterre: les affaires parlementaires qui impliquent des émissions élevées de CO2 devraient pousser les textes des politiciens au bas de l'ordre du jour – ils seront donc mis sur la liste d'attente. L'expansion des autoroutes serait repoussée et les projets d'investissement dans l'infrastructure publique seraient priorisés.»

Samira Marti, 25 ans, conseillère nationale socialiste, vice-présidente du PS de Bâle Campagne

«Un allègement fiscal pour les entreprises respectueuses de l'environnement»

«Le changement climatique ne menace pas la sécurité de la Suisse, je pense donc que le Conseil fédéral n'aurait pas le droit de déclarer une urgence climatique. De plus, je suis favorable à un allègement fiscal pour les entreprises respectueuses de l'environnement. Ainsi, cela vaudrait la peine pour toute entreprise de faire un effort pour l'environnement. Le Conseil fédéral doit également mettre un terme à l'étalement urbain et œuvrer à la protection de la nature. Et afin de promouvoir de nouvelles technologies plus économiques et la coopération internationale, le Conseil fédéral devrait également soutenir la production régionale lors de l'adoption de mesures visant à garantir l'autosuffisance et à éliminer les voies de transport.»

Laetitia Block, 27 ans, présidente des Jeunes UDC de Bâle-Ville, candidate UDC pour le Conseil national (Bâle)

«Les entreprises qui s'impliquent dans la protection de l'environnement ne devraient pas être entravées par une réglementation inutile»

«Les scientifiques du monde entier doivent pouvoir venir facilement en Suisse pour effectuer des recherches et travailler sur de nouvelles technologies visant à protéger l'environnement et le climat. Je demande donc qu'il n'y ait pas de quotas pour les scientifiques. Il convient en particulier de les exempter des contingents applicables aux pays tiers. En outre, les jeunes entreprises qui souhaitent s'impliquer dans la protection de l'environnement et du climat ne devraient pas être entravées par une réglementation inutile. C'est pourquoi il faut leur donner un espace libre dans lequel ils peuvent tester leurs idées sans avoir à penser à toutes les lois.»

Andri Silberschmidt, 25 ans, président des Jeunes libéraux-radicaux suisses, candidat PLR pour le Conseil national (Zurich)

«Les produits bios ne doivent plus être un luxe, mais la norme»

«Afin de mieux faire connaître les produits qui sont à l'origine d'un grand nombre d'émissions de gaz à effet de serre, une déclaration claire de ces émissions devrait être visible sur ces produits. Une vérité des coûts devrait être établie en ce qui concerne les produits importés et non de saison. Une taxe supplémentaire devrait être prélevée sur les produits qui provoquent de fortes émissions de gaz à effet de serre. Et les produits bios ne doivent plus être un luxe, mais la norme chez nos grands distributeurs. Les pesticides synthétiques doivent être retirés du marché le plus rapidement possible. Les produits importés doivent aussi répondre à cette norme ou être taxés plus lourdement.»

Irina Meyer, 26 ans, co-présidente des Jeunes vert’libéraux, candidate pour les Vert’libéraux pour le Conseil national (Thurgovie)

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