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Non, la vaccination contre le papillomavirus ne rend pas délurée

par Eva Grau

5 NOVEMBRE 2018

Health

Une vaste étude canadienne démontre que les jeunes filles vaccinées contre le HPV n’ont pas leur premier rapport sexuel plus tôt que les autres. Elles se protègent aussi mieux contre les IST et les grossesses non désirées.

Le vaccin contre le papillomavirus (HPV) ‒ qui doit idéalement être administré avant le premier rapport ‒ n’entraîne pas une vie sexuelle active précoce et encore moins imprudente. Une vaste étude canadienne, publiée dans le «Canadian Medical Association Journal», bat en brèche cet a priori tenace en démontrant que les jeunes filles protégées contre le HPV n’ont pas leur premier rapport plus tôt que les autres. Une fois qu’elles ont une vie sexuelle active, elles utilisent aussi plus souvent des moyens de contraception et se protègent mieux contre les infections sexuellement transmissibles (IST) que les filles non vaccinées.

L’enquête a été menée entre 2003 et 2013 sur plus de 300’000 filles âgées de 12 à 18 ans inscrites dans des écoles publiques de la Colombie-Britannique, région où une campagne officielle de vaccination contre le HPV existe depuis 2008. L’équipe du Dr Gina Olgivie, de l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, a découvert que la proportion de jeunes filles sexuellement actives était passée de 21,3% avant l’introduction du programme de vaccination à 18,3% en 2013.

Comportements à risque en baisse

L’étude note également une diminution significative du nombre de jeunes filles sexuellement actives avant 14 ans. Le nombre d’adolescentes à déclarer avoir pris des substances psychoactives avant un rapport sexuel a lui aussi baissé. «Depuis la mise en œuvre du programme de vaccination contre le HPV en milieu scolaire en Colombie-Britannique, les comportements sexuels à risque rapportés par les adolescentes ont diminué ou sont restés identiques», concluent les chercheurs.

L’usage du préservatif a quant à lui augmenté: en 2003, 65,6% des adolescentes disaient y avoir recours, contre à 68,9% en 2013. Les jeunes filles sont aussi plus nombreuses à prendre la pilule aujourd’hui qu’avant la campagne de vaccination.

Recommandée par l'OFSP

Pour rappel, le HPV, ou virus du papillome humain, se transmet lors de relations sexuelles. Il en existe plus d’une centaine de variantes, dont certaines peuvent dégénérer en verrues génitales (condylomes) et d’autres en cancer du col de l’utérus. En Suisse, la tranche d'âge la plus touchée est celle des 16 à 25 ans, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

La Commission fédérale pour les vaccinations et l’OFSP recommandent donc la vaccination contre le HPV à tous les adolescents âgés de 11 à 14 ans, en tant vaccination de base pour les filles et vaccination complémentaire pour les garçons. Elle est aussi conseillée comme vaccination de rattrapage ou vaccination complémentaire pour les 15-26 ans. La vaccination est gratuite lorsqu’elle est effectuée selon ces recommandations et dans le cadre d’un programme de vaccination cantonal (par exemple à l’école).

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