Hugo

«On associe à tort l’homosexualité à la frivolité»

par Emmanuel Coissy

3 JUILLET 2019

Société

À l'occasion de la Pride romande qui se déroule cette semaine à Genève, Friday publie une série de portraits. Aujourd'hui, on te présente Hugo, qui a 20 ans. Il est homo et vit dans le canton de Neuchâtel.

Sur son compte Instagram, il cite Harvey Milk, militant pour les droits des homosexuels. À l’instar de l’activiste américain, Hugo «pense qu’il est nécessaire de briser les clichés et qu’il vaut mieux le faire par les mots que par les coups». Il a 20 ans, vit à La Chaux-de-Fonds et étudie l’histoire et l’histoire de l’art à l’Université de Neuchâtel.

Quels sont les clichés auxquels tu es le plus souvent confronté?

Beaucoup de gens assimilent l’homosexualité masculine au manque de virilité, à la faiblesse ou au manque de confiance en soi. C’est blessant.

Comment vis-tu en tant que jeune homo à La Chaux-de-Fonds?

C’est une ville, ou plutôt un grand village, où il n’y a pas grand-chose pour les jeunes. Ce n’est pas facile d’y être accepté en tant que gay. Je sors davantage à Neuchâtel où il y a plus de lieux intéressants, sans doute parce que c’est une ville estudiantine.

As-tu été victime d’homophobie?

Oui, d'agressions verbales. Un jour, j’étais à Montreux avec mon ex. Une famille nous a croisés. Le père a dit à ses enfants de détourner le regard. Ensuite, il nous a menacés d’appeler la police. Après coup, ça peut sembler absurde et risible. Sur le moment, c’était choquant.

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Emmanuel Coissy

Nous avons rencontré Hugo à Neuchâtel, où il étudie.

La Pride, ça te parle?

C’est vraiment bien. Je regrette juste qu’elle soit trop souvent perçue comme une fête et non comme une manifestation avec des revendications politiques, même si, en soi, faire la fête est aussi un acte militant et politique. Peut-être même, en quelque sorte, un acte de résistance. La Pride, c’est comme la grève des femmes du 14 juin ou la marche pour le climat.

Fréquentes-tu le milieu gay?

Pas vraiment. Je n’en éprouve pas le besoin. Je préfère m’en tenir à l’écart parce que je n’ai pas envie être enfermé dans ce milieu-là. Ça aurait peut-être été différent si j’avais vécu dans une grande ville.

Tu utilises Grindr?

Non, j’ai utilisé Tinder, mais ça ne m’a pas été utile. Les profils intéressants étaient à 70 ou 80 kilomètres de moi. Donc ça générait surtout de la frustration.

Tu es un couple?

Non.

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Emmanuel Coissy

Son lieu préféré à Neuchâtel: la plage des Jeunes-Rives.

On entend dire que les couples gays sont des «relations libres»…

C’est un cliché. On associe à tort l’homosexualité à la frivolité. Certains pensent même qu’un gay va forcément sauter sur tous les hommes qui passent. C’est faux. Pour ma part, je n'ai été que dans des relations exclusives.

Aimerais-tu avoir des enfants?

Je ne me suis pas encore posé la question. Mais, pour l’instant, non.

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