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Emmanuel Coissy

«Nous devrions avoir les mêmes droits que tout le monde»

par Emmanuel Coissy

5 JUILLET 2019

Société

À l'occasion de la Pride romande qui se déroule cette semaine à Genève, Friday publie une série de portraits. Aujourd'hui, on te présente Nancy qui a 25 ans. Elle est lesbienne et vit dans le canton du Valais.

Nancy a 25 ans. Elle est cuisinière et vit à Évolène (VS). «J’ai trois chiens, j’aime aller au cinéma et regarder des séries. J’adore les tatouages: j’en ai douze et ce n’est pas fini», ajoute-t-elle en riant. «Je suis lesbienne et l’assume pleinement.» Elle a voulu témoigner «pour aider d’autres jeunes ou moins jeunes». Elle prône l’égalité entre hétéros et homos. Elle estime que tout un chacun doit «pouvoir vivre libre sans craindre d’être rejeté, insulté ou critiqué.»

Le Valais est un canton conservateur. Comment fais-tu pour y vivre ouvertement ton homosexualité?

C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de lieux homos dans le canton du Valais. J’ai découvert que j’étais lesbienne vers 17 ou 18 ans, ce qui est très tard. Auparavant, je n’ai jamais eu de petit copain et je ne me souciais pas de définir mon orientation sexuelle. J’ai choisi de consulter un psy pour réaliser qui j’étais. J’en ai parlé à ma mère qui l’a bien pris, à mes amis et à mon entourage. Tout s’est bien passé.

As-tu déjà été importunée en raison de ton orientation sexuelle?

Non, j’ai eu de la chance. En plus, je le vis bien au travail. Mais si ça posait un problème à quelqu’un, tant pis, ça serait son problème et non le mien.

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Emmanuel Coissy

Nous avons rencontré Nancy à Sion.

Quels sont les clichés sur les lesbiennes auxquels tu es le plus souvent confrontée?

C’est vrai que je n’ai pas un style très féminin, mais ce qui m’étonne le plus c’est quand on me demande si j’ai envie de changer de sexe ou si l’homosexualité ne serait pas juste une passade. Eh bien, non! Je me sens très bien comme je suis. J’aime mon style. Et mon orientation sexuelle n’est pas une passade ou un essai.

Comment perçois-tu la situation des lesbiennes en Suisse?

Je pense qu’elles ne sont pas reconnues. Dernièrement, j’ai vu un «Temps présent» sur des couples homos qui voulaient se marier et qui ne le pouvaient pas. En 2019, nous devrions avoir les mêmes droits que tout le monde.

Une manifestation telle que la Pride, ça te parle?

Je n’ai jamais eu l’occasion d’y participer. Ce n’est pas forcément mon truc. Ça me paraît lointain.

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Emmanuel Coissy

Tu fréquentes le milieu homo?

Non, jamais.

Tu utilises Tinder?

Non. J’ai utilisé Badoo, mais ça n’était pas terrible. Ça n’était pas fructueux même si j'ai fais une seule belle rencontre.

Tu es en couple?

Oui, depuis fin novembre.

Aimerais-tu avoir des enfants?

J’en ai eu envie. Puis, ça m’a passé. Maintenant, j’ai surtout des projets de voyages. Peut-être que le désir de maternité reviendra, un jour. Dans ce cas-là, je sais que je voudrais porter l’enfant. Le problème, c’est qu’actuellement en Suisse la procréation médicalement n’est pas envisageable. Pourtant, un couple homo est parfaitement capable d’éduquer des enfants.

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