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Frédéric Laverrière

Noces funestes

par Emmanuel Coissy

30 AVRIL 2018

Life

«Le beau monde» est le premier roman de la Genevoise Laure Mi Hyun Croset. L’histoire est drôle et brosse un portrait - au vitriol - de nantis réunis à un mariage où la fiancée ne s’est jamais pointée. Emmanuel a interviewé l'auteure.

Il y a des aristos, un poète, des intellectuels, des demoiselles d’honneur. Entre autres. Tout ce petit monde, principalement constitué de Genevois et de Lyonnais, attend en vain Louise, qui ne viendra jamais à son mariage. Du cocktail au dîner dans un château bourguignon, la drôle de fête continue parce que ce serait trop bête de gâcher ce qui a été payé. Une sorte de forum, voire de tribunal, s’improvise. Chacun y va de sa description de l’héroïne: on se demande qui elle est afin de découvrir pourquoi elle a fui. On reconnaît, au détour des récits, certains lieux de Genève où rôdent les m’as-tu vu. Et on rit en découvrant le portrait que Laure Mi Hyun Croset, 44 ans, brosse d’eux dans «Le beau monde», sorti en mars chez Albin Michel. C’est un roman à l’humour grinçant. Son style est remarquable.

Pourquoi avoir choisi un mariage pour situer l’action du roman?

Je voulais un endroit réunissant beaucoup de monde et des gens très différents. Même dans les mariages les plus chics, il y a toujours un cousin qui fait tache. C’est amusant de travailler sur les différentes classes sociales. Tous les personnages du roman, qui font partie des invités, forment un chœur d’imbéciles, des aigris parfois malveillants quand ils parlent de Louise, la fiancée qui ne viendra ni à la cérémonie ni aux réjouissances.


Qui est Louise?

C’est à l’origine une enfant abandonnée, recueillie par une famille modeste. Cette trentenaire, blonde, vit à Genève et s’est élevée dans les sphères les plus hautes de la société: son fiancé est un aristocrate à double particule. Auparavant, elle a côtoyé des hommes et a eu des amants qui l’ont initiée à la sexualité, à la politique, à la culture et au bon goût tel qu’il est établi par les classes supérieures. Elle est parvenue à feindre une éducation parfaite.


Comment est né ce roman?

Par un coup du sort. J’étais invitée au dîner des auteurs du Salon du livre de Genève, en 2016. L’ambiance était joyeuse et j’avais un peu bu. On m’a présentée à un romancier, dont je n’avais pas compris le nom. Plus tard, j’ai su que c’était Jean-Christophe Grangé, l’auteur des «Rivières pourpres». Il était intéressé par mon travail et je lui ai donné un exemplaire des «Velléitaires», mon premier livre sorti en 2010. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un appel du patron éditorial d’Albin Michel qui me demandait de venir le voir à Paris. Nous avons discuté de la trame du «Beau Monde», du fait que je voulais une héroïne absente. Puis, je l’ai écrit dans ma cuisine. Ça m’a pris un an et demi.


Si on veut être publiée chez un grand éditeur français, il faut donc écumer les soirées mondaines…

Oui! Et toujours avec un exemplaire d’un ouvrage précédent sur soi. Je n’ai même pas eu besoin d’envoyer un manuscrit. C’est dingue!

Croset Le Beau Monde P1
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