Cancer sein pop friday

Certains polluants pourraient faire métastaser le cancer du sein

par Eva Grau

24 OCTOBRE 2019

Health

Des chercheurs français étudient l’impact des polluants persistants sur l’agressivité de la maladie. Les premiers résultats indiquent un lien entre concentration en dioxine et invasion des tissus sains par le cancer, surtout chez les femmes en surpoids.

Ils s’appellent les POP. Ou, de leur vrai nom, les polluants organiques persistants. Ces molécules générées par différents procédés industriels, déjà soupçonnées de favoriser l’apparition du cancer du sein, pourraient aussi être liées au développement de métastases lorsqu'on est atteint de la maladie, affirme une étude menée par l’Inserm et Université de Paris. En particulier chez les femmes en surpoids.

Les chercheurs ont mesuré la concentration de 49 POP, dont la dioxine de Seveso, et de plusieurs PCB dans des échantillons de graisse environnant le cancer du sein de 91 femmes. Or, l'analyse biologique et statistique a mis en évidence une association entre la présence de métastases à distance de la tumeur et la concentration en dioxine dans les tissus adipeux des femmes en surpoids, rapporte le site Allodocteurs.

Pour rappel, la dioxine de Seveso, qui tient son nom d’une catastrophe sanitaire et écologique survenue en Italie dans les années 1970, est hautement toxique. Elle a servi aussi à produire l’agent orange, un herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam responsable de graves malformations chez les nouveaux-nés. Quant aux PCB, ou polychlorobiphényles, utilisés notamment comme isolants électriques, ce sont des perturbateurs endocriniens. Ils sont classés cancérogènes.

Risque de rechute plus élevé

D’après les résultats de l’étude, la concentration en dioxine et en PCB (deux d’entre eux) semble associée à la taille de la tumeur ainsi qu'au niveau d'invasion et au stade métastatique des ganglions lymphatiques. Et ce, chez toutes les femmes atteintes de cancer, quel que soit leur poids. En outre, les malades présentant les plus grandes concentrations de PCB avaient un plus grand risque de rechute.

Selon les chercheurs, une explication possible serait que la dioxine et certains PCB enverraient un signal qui favoriserait la migration des cellules cancéreuses, donc les métastases, du sein vers d’autres parties du corps. Or, les métastases sont un marqueur d’agressivité du cancer. Quand on en décèle, le taux de survie à cinq ans est de 26%, contre 99% si le cancer touche uniquement le sein, et de 85% si le sein et les ganglions lymphatiques sont touchés.

Résultats à confirmer

Toutefois, ces résultats sont à prendre avec précaution. En effet, il ne s’agit qu’une étude préliminaire. Des recherches plus larges sont nécessaires pour fournir des résultats statistiques plus représentatifs, note le site d’infos médicales. Celui-ci rappelle que la maladie fait près de 600’000 décès par an, d’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé.

En Suisse, le cancer du sein cause en moyenne 1400 décès par an, selon l’Office fédéral de la statistique.

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