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Ma première fois: ce regret

par Valentina San Martin

27 JANVIER 2019

Life

Une étude indique que la première expérience sexuelle a été un échec pour beaucoup d'entre nous. Friday a lancé un appel à témoins pour en savoir plus. Trois personnes, âgées entre 28 et 35 ans, nous racontent leur histoire.

Une étude publiée ce mois-ci dans la revue scientifique britannique «Sexual & Reproductive Health» indique que beaucoup de gens regrettent leur premier rapport sexuel. Les chercheurs ont interrogé 2825 britanniques âgés de 17 à 24 ans. Résultat: 39,7% des femmes et 26,5% des hommes sondés auraient voulu que cela se passe autrement. Et qu’en est-il en Suisse? Deux lectrices et un lecteur de Friday nous racontent les circonstances de leur échec.

«Je ne me rendais pas compte de l’importance de cette étape dans ma vie»

J’ai perdu ma virginité à 17 ans et avec un homme qui avait 9 ans de plus que moi. A l’époque, il vivait chez ses parents et on mettait souvent une chaîne musicale à la télé pour ne pas être entendus. Ce jour-là, il me semble que c’était «In Your Eyes» de Kylie Minogue qui passait. Avant de le faire, j’en avais parlé avec des copines et souvent on me racontait des choses horribles comme: «Tu verras, tu vas avoir mal», «Tu vas saigner», «Ça va être douloureux!». Franchement, il ne me semble pas que c’était si douloureux que ça. Cependant, comme on peut se l’imaginer, ce n’était pas terrible. D’accord, je n’ai pas eu mal mais mon mec de l’époque n’était pas LE super coup. J’avoue avoir quelques regrets. J’aurais préféré être déflorée par un autre homme. J’étais pressée et je ne me rendais pas compte de l’importance de cette étape dans ma vie. Mais ce qui est fait est fait. Avec l’âge, je me rends compte que j’aurais dû attendre. Ce n’est pas parce que mes potes l’avaient déjà fait qu’il fallait que je saute le pas aussi. Le temps m’a permis de réaliser que mon corps m’appartenait et qu'en ce qui le concernait je devais être la seule à décider. Personne ne doit nous inciter à faire des choses pour lesquelles on n'est pas prêt.

Shana*, 35 ans, Gros-de-Vaud

«Le préservatif a craqué et on m’a refusé la pilule du lendemain»

Cela faisait une année que j’étais avec mon copain. Entre nous, j’étais assez pressée de le faire parce que ça faisait longtemps qu’on attendait et que j’étais la dernière de mes copines à l’avoir fait. Ce soir-là, je dormais chez lui. Une chose en entraînant une autre, il s'est couché sur moi et nous avons fait l’amour. Ça n’a pas duré longtemps. Il a éjaculé au bout d’une mini poignée de minutes. Heureusement, car c'était très douloureux et je n’avais qu’une hâte: que cela cesse. En plus, le préservatif avait craqué durant l’acte. Je me suis rendue directement au planning familial le jour d’après. On m’a tout d’abord refusé la pilule du lendemain sous prétexte que souvent, les filles qui venaient, n’étaient là que pour poser des questions bêtes. Après avoir été renvoyée deux fois de suite, on a fini par accepter de m’aider. Ce que je regrette énormément dans cette première expérience, c’est ce qui a suivi. J’aurais voulu être mieux informée et surtout écoutée.

Sofia*, 28 ans, Lausanne

«Je n’ai pas réussi à jouir et ma copine a fini par me quitter»

Ma première fois, c’était à 20 ans. J’étais éperdument amoureux de ma copine et je me réjouissais de partager ça avec elle. Enfin, j’étais aussi super stressé parce que je voulais assurer. J’avais l’impression que tout reposait sur moi. Qu’il fallait que je sois au top niveau. Je comprends que les filles aient peur d’avoir mal ou de saigner. Mais, nous les mecs, on a aussi notre lot de stress: voir une mi-molle ou une molle tout court, jouir trop vite, avoir un sexe trop petit et j’en passe... On a l’impression qu’il faut tout gérer comme des pros et c’est compliqué. Surtout quand on est jeune et inexpérimenté. Lorsqu’on l'a fait avec ma copine, je n’ai pas réussi à jouir. Elle m’en a beaucoup voulu et elle a fini par me quitter. J’ai mis énormément de temps à m’en remettre et à retrouver confiance en moi. J’ai eu pas mal de problèmes d’érection ensuite, je pensais ne pas être normal. Mais c'était clairement dans ma tête. Heureusement, je suis maintenant avec une personne qui me comprend et je n’ai plus du tout ce genre de soucis.

Luca*, 28 ans, Nyon

*Prénoms d'emprunt

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