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L'obésité favorise les cancers «de vieux» chez les millennials

par Eva Grau

8 FÉVRIER 2019

Health

Selon une étude américaine, l’excès de poids des jeunes les expose à un risque accru de développer une forme précoce de cancer colorectal, du pancréas ou de la vésicule biliaire.

On savait l’obésité juvénile responsable de maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 ou encore de problèmes articulaires. Mais chez les jeunes, l’excès de poids augmente aussi le risque de développer un cancer «de vieux». Selon une étude de l’American Cancer Society, les millennials sont de plus en plus nombreux à être frappés d’une forme précoce de cancer colorectal, du pancréas, de l'endomètre ou de la vésicule biliaire, des maladies qui se développent surtout après 60 ans.

Selon les travaux publiés le 4 février dans «The Lancet Public Health», le risque de développer un cancer colorectal ou pancréatique est deux fois plus élevé chez les jeunes Américains nés entre 1980 et 2000 que chez les baby-boomers au même âge. L’incidence d’autres cancers liés à l’obésité, comme le cancer du rein ou de la moelle osseuse a elle aussi pris l’ascenseur. «Tous les efforts qui ont été faits pour réduire la mortalité des cancers risquent d’être balayés par l’épidémie d’obésité qui sévit chez les millennials», a déclaré l’auteur de l’étude Ahmedin Jemal à la chaîne américaine CNN.

Question d’inflammation

Comment le fait d’être obèse facilite-t-il le développement du cancer? Interrogé par le site Atlantico, le médecin français Réginald Allouche, spécialiste du surpoids, explique que «l'obésité est problématique car elle est inflammatoire et va préparer le terrain». «Dans les cas d'obésité précoce, surtout chez les adolescents, il y a des altérations du foie et un métabolisme qui va sécréter des hormones inflammatoires, ajoute le spécialiste. Les défenses immunitaires vont être de plus en plus sollicitées et devenir moins vigilantes. Elles ne verront pas passer les cellules problématiques qui se développeront plus facilement.»

La malbouffe est la première responsable, selon le médecin. Les graisses saturées et surtout les sucres sont connus pour être inflammatoires et favoriser le développement du cancer.

Dix fois plus qu’il y a 40 ans

Selon des chiffres publiés en 2017 par l'Organisation mondiale de la santé et l'Imperial College de Londres, 8% des jeunes garçons et 6% des jeunes filles souffrent actuellement de surpoids sévère au niveau mondial. Soit dix fois plus qu’il y a 40 ans. Les spécialistes de ces deux organismes estiment que le nombre d’enfants en surpoids devrait dépasser celui des enfants malnutris d’ici 2022.

En Suisse, on compte environ 10% de personnes obèses, d’après une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques menée dans 29 pays. Bonne nouvelle: la proportion d’enfants et d’ados en surpoids ou obèses est en baisse. Elle est passée de 19,9% en 2005 à 16,7% en 2017, révélait, en avril dernier, le monitorage annuel de Promotion Santé Suisse.

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