Litterature Friday Magazine
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Quand je lis un bon bouquin, ça me donne des idées pour l'apéro

par Emmanuel Coissy

10 AOÛT 2019

Culture

Notre collègue Emmanuel est un lecteur assidu qui aime partager avec ses amis ses coups de cœurs littéraires autour d’un verre. Voici sa sélection pour l’été.

En fin de journée, je suis toujours devant un dilemme: rentrer chez moi pour bouquiner ou retrouver des amis pour l’apéro. Voilà pourquoi, de temps à autre, je joins les deux en organisant un apéro littéraire à la maison.

Ces rendez-vous amicaux n’ont rien à voir avec les salons des intellectuels. Chez moi, on parle simplement de nos coups de cœur. Détail amusant: chacun doit apporter une boisson en lien avec son livre et justifier son choix. Je reproduis ici mes accords préférés.

Une femme du monde
Edmonde
Emmanuel Coissy

«Edmonde» (Éd. Stock), champagne Louis Roederer Cristal 2008, coupes à champagne Ferm Living.

J'ai rencontré Edmonde Charles-Roux (1920-2016) quand j'étais étudiant. Je la vénère. Elle a été rédactrice en chef de l’édition française de «Vogue». Puis, en 1966, lauréate du prix Goncourt pour son premier roman «Oublier Palerme». S’ensuivront des biographies de femmes hors norme telles que Coco Chanel et Isabelle Eberhardt. Bien avant d’être une grande dame de la littérature française, Edmonde Charles-Roux a été une jeune femme issue de la haute société qui, à 18 ans, tomba amoureuse d'un prince italien alors que la Seconde guerre mondiale allait éclater. L’aristocrate mourra sur le front albanais. Ce sont ces épisodes méconnus de la vie de l’auteure que nous raconte Dominique de Saint Pern dans «Edmonde» (Éd. Stock), premier tome de cette fresque historique.

L'accord:

Pour plonger dans l’esprit du gotha, rien de tel qu’un verre de Cristal, la cuvée prestige de Louis Roederer. À la fin du XIXe siècle, elle a été élaborée pour le tsar Alexandre II. Ce champagne incarne le raffinement.

Crimes entre amis
Heptaméron
Emmauel Coissy

«Heptaméron avec Chardonnay» (Éd. Grasset), vin rosé Miss Valentine 2018 (Côtes de Provence).

Le choix de ce recueil de nouvelles s’est imposé à cause du titre. Il est question de vin dans «Heptaméron avec Chardonnay» (Éd. Grasset) parce qu'il est un jalon du désarroi dans la vie de certains personnages. En fait, ces courtes histoires parlent surtout de passions et de crimes. J’adore le ton grinçant, doux-amer de leur auteur, Gérard Oberlé, qui m'a fait rire. Il y a, par exemple, cette femme qui quitte son mari, mais revient au bercail parce que son amant ne s’est jamais pointé à leur rendez-vous. Le couple légitime vivra heureux, pourtant: jamais madame ne saura que son époux a supprimé son rival.

L'accord:

Hors de question de prendre un chardonnay! À la place, j'ai opté pour un rosé de Provence sirupeux, traître. J'ai aimé son nom, Miss Valentine, clin d'œil à la Saint-Valentin.

Le goût du passé
Sirop
Emmauel Coissy

«Les Oiseaux de passage» (Éd. Flammarion), sirop de citron La Suisserie, verres Ferm Living.

«Les Oiseaux de passage» (Éd. Flammarion) est le deuxième roman d’Emily Barnett, critique littéraire et cinéma dont la signature se retrouve tant dans les colonnes des «Inrocks» que dans celles de «Marie Claire». Ici, elle a rédigé un texte fluide qui suscite davantage de sensations (fortes) que des sentiments (tièdes). L’auteure évoque la soirée du 13 novembre 2015 ensanglantée par des attentats à Paris. Deux de ses personnages échappent aux balles. Leur fuite dans les rues de la capitale française, frappée par la sidération et la peur, les renvoie à un autre drame survenu en 1996…

L'accord:

Ce roman parle de la mémoire. Chez moi, le souvenir est toujours lié à une odeur ou au goût. Quand je me souviens des années 1990, je pense toujours au sirop de citron que je buvais en été sur les terrasses parisiennes. Celui-ci, mijoté à Lausanne par La Suisserie, est 100% naturel.

Vers le sud
Mexique
Emmauel Coissy

«Une longue nuit mexicaine» (Éd. Gallimard), vin blanc Miraval 2017 (Côteaux varois en Provence).

La nuit, sur une route au Mexique. Une voiture roule vite, trop vite, fait une embardée. Le chauffeur et sa passagère, Greta, meurent sur le coup. Ils étaient ivres. Cet accident, ouverture d’«Une longue nuit mexicaine» (Éd. Gallimard) nous plonge dans un univers cinématographique, évoquant un fait historique, auquel il est difficile de résister: la réapparition en 2007 de la valise mexicaine, disparue à Paris en 1939. Celle-ci contient 4500 négatifs de trois reporters-photographes, dont Robert Capa, qui ont couvert la Guerre d'Espagne. Il s’agit du premier roman d’Isabelle Mayault, âgée de 33 ans. L'auteure, après avoir vécu dans plusieurs pays du bassin méditerranéen, s’est installée à Genève.

L'accord:

J'aurais pu prendre un vin espagnol. Mais j’imaginais toutes les scènes du livre sur un écran de cinéma, alors j’ai pensé à Miraval, le domaine viticole d’Angelina Jolie et Brad Pitt en Provence. Au lieu de servir leur rosé, référence la plus connue, j’ai choisi le blanc (assemblage rolle et grenache blanc).

Les objets présentés dans cet article ont été photographiés sur des papiers fabriqués à la main en Inde avec du coton recyclé pour la marque danoise Bungalow.

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