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L’infidélité des femmes choque trois fois plus que celle des hommes

par Eva Grau

10 JUIN 2019

Life

Selon un sondage mené auprès de 5000 Européennes, les inégalités de traitement entre les sexes se retrouvent jusque dans la perception des aventures extraconjugales. Et ce, bien que le nombre de femmes infidèles soit en augmentation constante depuis 50 ans.

On a beau être en 2019, une femme infidèle dérange toujours plus qu’un homme qui trompe sa conjointe. C’est ce que révèle un sondage Ifop mené auprès de 5000 Européennes en Espagne, France, Allemagne, Italie et au Royaume-Uni. Selon cette enquête*, 76% des sondées estiment que l’entourage est plus choqué lorsque c’est la femme qui trompe. Celles estimant que les écarts de conduite de l’homme sont plus choquants pour les proches, sont trois fois moins nombreuses, soit 24%. Le cliché du mâle plus volage que sa compagne a manifestement encore de beaux jours devant lui.

«En dépit du déclin du discours moral répressif sur l’adultère et de la liberté sexuelle croissante des femmes, la population féminine semble donc avoir toujours intériorisé la norme selon laquelle les femmes risquent toujours plus de stigmatisation sociale que les hommes lorsqu’elles ont des relations en dehors du cadre conjugal, écrivent les auteurs de l’enquête. Il faut sans doute y voir les effets d’un conditionnement de genre qui tend à rendre illégitime la sexualité féminine lorsqu’elle ne s’inscrit pas dans un cadre conjugal ou affectif stable.»

Ce conditionnement transpire également lorsqu’on demande aux répondantes si elles sont personnellement plus choquées par une infidélité féminine ou masculine dans différentes situations: le couple est séparé depuis plusieurs mois/attend un enfant/semble parfaitement heureux/le (la) partenaire a été infidèle/il (elle) a pris beaucoup de poids. Ce dernier cas est le seul où les sondées se montrent moins tolérantes envers l’homme qui trompe qu’envers la femme. Deux poids, deux mesures.

Quatre fois plus d'infidèles qu'en 1970

Pourtant, révèle le sondage, le nombre de femmes infidèles est en augmentation constante depuis cinquante ans. Ainsi, en 1970, seuls 10% des Françaises admettaient avoir déjà eu un rapport sexuel extra-conjugal au cours de leur vie. Ce pourcentage est passé à 37% aujourd’hui. Chez les hommes, le nombre d’infidèles a aussi augmenté, passant de 30% en 1970 à 49% aujourd’hui.

«La persistance de ce clivage entre les deux sexes est avant tout le produit d’une socialisation sexuelle très genrée au travers de laquelle la plus grande "romantisation" de la sexualité féminine empêche les femmes de dissocier aussi facilement que les hommes la sexualité, l'affectivité et la conjugalité», commentent les auteurs de l’enquête. Ce que semblent confirmer les chiffres, puisque 39% des Européennes ayant déjà trompé leur conjoint(e) affirment avoir fini en couple avec leur amant (maîtresse) et 36% des infidèles disent regretter leur infidélité. Ce sont principalement les Britanniques qui ont le plus de remords (48%), alors que les Françaises et les Italiennes ne sont que 30% à s'en mordre les doigts.

* Étude Ifop pour Gleeden.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril 2019 auprès d’un échantillon de 5 026 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

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