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iStock & Facebook/ivgoupas

Les anti-IVG gagnent du terrain sur Facebook

par Valentina San Martin

16 JUILLET 2018

Health

Faute de pouvoir se montrer plus présent sur les moteurs de recherche comme Google, un groupe opposé à l'avortement a décidé d’utiliser Facebook pour faire sa pub.

«Le jour de l'IVG mon copain m’accompagne jusqu’à la salle d’attente... je me mets à pleurer... et tout va si vite je passe au bloc en fin de matinée... je me réveille, ça y est bébé n’est plus là... et je me sens tellement mal...» «Nous avons pris la décision à deux que j’avorte, mon conjoint a énormément été présent pour moi, mais à ce jour je n’arrive toujours pas à me faire à cette décision que nous avons prise.»


Voici le type de citations que l’on peut trouver sur la page Facebook intitulée «IVG: vous hésitez? Venez en parler!». Bien que ce titre semble plutôt objectif et informatif au premier abord, il n’en est rien. En effet, au fur et à mesure que l’on fait défiler les divers témoignages, le message devient de plus en plus clair: décourager les femmes d'avoir recours à l’avortement. Quant au public cible, il s’agit surtout de toucher un maximum de femmes de moins de 30 ans.

Banni de Google

Cette page est en fait une extension du site IVG.net, fondé par des militants catholiques anti-avortement: Marie Philippe et René Sentis. Très actif sur la Toile, le couple avait réussi à hisser leur site dans les tout premiers résultats de recherche Google à travers des mots-clés comme «IVG» ou encore «avortement». C’était en 2016. Depuis, Google a interdit la publicité anti-IVG en France. Il donc fallu trouver une autre plateforme de diffusion. Et quoi de mieux que Facebook pour atteindre une majorité de jeunes femmes?

Témoignages douteux

Il est intéressant de constater que la majorité de ces soit-disant aveux qui attestent d’un traumatisme physique et psychologique sont accompagnés de photographies montrant des femmes aux airs déprimés. On pourrait alors imaginer que ces clichés représentent les personnes citées. Pas du tout. Comme l’attestent les Décodeurs du Monde, il s’agit en fait d’images tirées d’agences associées aux mots-clés suivants: «adolescente en dépression», «adolescente en pleurs» ou encore «maux de tête». Par conséquent, on pourrait douter de la véracité des messages relayés sur la page.

Ivg Giphy

Il n’empêche que  la page compte plus de 79'000 likes et qu’elle ne cesse de publier mille et un récits décourageants, voire morbides.

Il est important de rappeler qu'il convient de rester vigilante lorsqu’on recherche une information sur internet ou sur les réseaux sociaux, plus précisément. Pour éviter de prendre pour argent comptant ce qui n'est parfois qu'une campagne de désinformation.

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