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Le préservatif, c’est pas automatique

par Eva Grau

22 NOVEMBRE 2018

Health

Une enquête française confirme que l’utilisation de la capote à chaque rapport sexuel pour prévenir VIH et autres IST n’est pas systématique chez les jeunes. Un sondé sur dix pense même qu’on peut guérir facilement du sida.

Un étudiant français sur deux et un lycéen sur cinq ne met pas systématiquement de préservatif lors de ses rapports sexuels. C’est ce qui ressort d’une enquête commandée par la Smerep ‒ la Sécurité sociale des étudiants ‒ en prévision de la Journée mondiale de lutte contre le sida prévue le 1er décembre prochain. Cette étude révèle non seulement que les pratiques de prévention ne sont pas forcément automatiques, elle confirme aussi que les idées reçues et fausses sur le VIH ont la peau dure.

Selon les résultats de l'enquête, 15% des étudiants interrogés pensent que le VIH peut être transmis par une piqûre de moustique, contre 9% de lycéens; 6% des étudiants pensent pouvoir l’attraper en embrassant une personne séropositive et 4% en buvant dans le même verre. Un sondé sur dix croit même que l’on guérit facilement du sida aujourd’hui. «Chaque année, nous constatons qu’une méconnaissance du sujet persiste, que de mauvaises habitudes demeurent, et que parfois un manque de vigilance s’installe en matière de protection», déclare Hadrien Leroux, président de la Smerep, au «Figaro».

A ce jour, une seule personne dans le monde a officiellement guéri de la maladie: l’Américain Timothy Brown, et ce après avoir subi une greffe de moelle osseuse destinée à traiter sa leucémie. Les traitements antirétroviraux actuels permettent de ralentir la progression du VIH, voire de le rendre indétectable, mais pas de le faire disparaître.

Un moyen de contraception, c’est tout?

Par ailleurs, 37% des étudiants ne mettent pas de préservatif lorsque leur partenaire prend la pilule. Cela «conduit à penser qu’ils réduisent le préservatif à l’unique rôle de moyen de contraception», indique le communiqué de la Smerep. Or, rappelle l’organisme, «le port du préservatif est aussi et surtout la seule et unique façon de se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST) dont le VIH-sida».

Dépistage en baisse

Le dépistage n’est pas non plus un réflexe chez les 1001 étudiants et 1000 lycéens de France interrogés via un questionnaire en ligne de fin avril à fin mai 2018. Ainsi, 7 étudiants sur 10 ne se font pas dépister à chaque fois qu’ils changent de partenaire; 41% avouent même ne jamais le faire, un chiffre en légère baisse par rapport à 2017. La raison: 58% estiment ne pas avoir pris suffisamment de risques pour justifier qu’ils passent le test et 4% ne veulent simplement pas savoir s’ils ont été infectés ou non.

Il y a quand même une bonne nouvelle: l’enquête de la Smerep confirme que l’usage systématique du préservatif est en légère hausse par rapport à l’an dernier. En 2017, 63% de lycéens et 46% d’étudiants mettaient une capote à chaque rapport sexuel, contre respectivement 80% et 50% aujourd’hui.

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