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«Le mot putain résonnait dans ma tête»

par Gina Buhl

18 AVRIL 2018

Life

Tachycardie, sueurs, tremblements: l'étudiante Anna, 25 ans est atteinte d’anxiété extrême. Elle nous raconte comment son trouble affecte ses études.

Juste avant un exa, à peu près tout le monde est nerveux. Mains moites, plaques rouges et accélération du rythme cardiaque sont des symptômes plutôt communs. Selon les estimations, jusqu'à 50% des étudiants en Suisse l'aurait déjà vécu. Pour certains, cependant, la peur de l'échec est si grande qu'une respiration profonde pour reprendre ses esprits ne suffit pas. Ils paniquent à l’idée de passer un examen. C’est le quotidien d'Anna*, 25 ans. L'étudiante en informatique de gestion raconte son calvaire.

«J’avais révisé pendant des semaines. Oui, j’étais nerveuse mais pas plus que d’habitude. J’en était à mon troisième semestre. Alors les épreuves orales ou écrites, je connaissais. Enfin, c’est ce que je croyais. Plus le temps passait, plus je stressais.

Mal de ventre


Pendant l’exa, je sentais mon corps se contracter à la lecture des premières questions. J'avais plus chaud que d'habitude, je me sentais impuissante face à ma feuille. Aucune réponse ne me venaient à l’esprit. Plus je lisais, plus mes mains devenaient moites. Sans parler de mon ventre qui me faisait terriblement souffrir. Mon cœur battait de plus en plus vite. J’ai parcouru toute la page en espérant trouver quelque chose de familier. Mais rien. J’étais paniquée. Le mot putain résonnait dans ma tête. J’allais échouer.

Une boule dans la gorge

A ce moment, j’aurais voulu me lever et courir. Mais impossible. J’étais paralysée. Je pouvais à peine tenir mon stylo. J’avais la gorge serrée. J'ai pris une gorgée d'eau pour me calmer. Ça n’a pas aidé.

J’étais sûr que tous mes camarades de classe me toisaient du regard. J’ai commencé à frotter mes mains sur mon pantalon, j'essayais d'être aussi calme que possible. J'avais peur qu'ils me prennent pour une nulle.

L’échec comme seule issue

Sur la feuille, les lettres se transformaient en petits flashs et je voyais de plus en plus flou. Et là, black-out. je ne me souvenais plus de rien. J'étais perdue.

Depuis, rien n’est plus pareil. Je n’ai jamais réussi à rattraper l'examen. J’ai toujours peur que ça m'arrive à nouveau. La nuit, je reste éveillée et je me repasse la scène encore en encore dans ma tête. Parfois, j’en fais même des cauchemars. Je sais que j'exagère. Mais je ne peux rien y faire. Les pensées négatives s’enchaînent dans mon esprit.

La peur toujours présente

J'ai même voulu abandonner mes études. Ma peur prenait une ampleur beaucoup trop importante. Et puis, quelques mois seulement après cette crise de panique, j’en ai parlé à une amie. Elle m’a persuadée de commencer une thérapie. J'ai ma première séance en mai.»

* Prénom d'emprunt

Où trouver de l'aide

Beaucoup d'universités ont des centres de consultation psychologique qui peuvent t’aider dans ce genre de cas. De plus amples informations sont disponibles (adresses, thérapeutes etc.) sont disponibles auprès de la Société Suisse des Troubles Anxieux et de la Dépression (sgad.ch).

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