Billie eilish dysmorphophobie friday magazine
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La dysmorphophobie: une maladie qui touche les femmes même si elles sont des stars

par Emmanuel Coissy

6 AOÛT 2019

Health

Billie Eilish explique avoir souffert de ce trouble psychique, caractérisé par l’angoisse d’être moche ou difforme. Zoom sur ce mal étrange.

«J’étais tout le temps inquiète à cause de mon apparence. Quand la dysmorphophobie dont je souffrais a atteint son paroxysme, je ne pouvais plus du tout me regarder dans un miroir.» La semaine dernière, le magazine «Rolling Stone» a publié une interview de Billie Eilish dans laquelle la chanteuse, âgée de 17 ans, évoquait ce trouble mental qui l’a plongée dans la dépression.

L’Américaine raconte que tout a débuté quand elle avait 12 ans alors qu’elle faisait de la danse. «De 13 à 16 ans, c’était assez dur.» Billie semble aujourd'hui tirée d’affaire puisqu’elle dit ne pas avoir été sujette à ce mal au cours de l’année écoulée.

Tout comme Billie Eilish, d’autres célébrités, telles que Jameela Jamil et Cœur de pirate par exemple, ont été frappées par la dysmorphophobie (DMP) durant l’adolescence ou à l’âge adulte.

La dysmorphophobie, c’est quoi?

C’est un trouble psychique caractérisé par la peur d’une dysmorphie (anomalie) corporelle. Selon un article de la «Revue médicale suisse», on distingue deux types de DMP. Celle liée aux changements corporels (croissance somatique et musculaire, acné, etc.): ces préoccupations renvoient au problème de l'image du corps et 95% des malades sont des femmes. Deuxième type: celle indépendante des transformations corporelles (forme du nez, perte des cheveux, etc.). Le malade passe des heures à se préoccuper de son prétendu défaut, ce qui génère une grande anxiété.

Quelle proportion de la population est atteinte?

D’après la «Revue médicale suisse», la prévalence dans la population américaine est de 1 à 2%, mais s’accroît chez les jeunes: «L'étude de Mayville rapporte une prévalence de 2,2% de DMP à l'adolescence, avec une fréquence plus élevée chez les filles (2,8%) que chez les garçons (1,7%).» Le taux passe à «10% au moins en population clinique de chirurgie esthétique, dermatologie ou psychiatrie», relate le psychiatre français Jean Tignol dans son livre «Les défauts imaginaires» (Éd. Odile Jacob, 2006).

Quel est le traitement?

«Les résultats des interventions de chirurgie plastique ou de dermatologie sont le plus souvent insatisfaisants. La correction peut même devenir source de plus grandes préoccupations», rapporte la «Revue médicale suisse». La DMP, affection relativement fréquente à l'adolescence, reste très largement sous-diagnostiquée en raison de la honte qu'éprouvent les malades à évoquer leurs préoccupations. Quand elle est diagnostiquée, la réponse est généralement une psychothérapie associée à un médicament psychotrope (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine).

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