Diane35 Copie
AFP/iStock

La Diane 35 accusée de causer des tumeurs au cerveau

par Eva Grau

7 SEPTEMBRE 2018

Health

Selon une étude française, la prise d’acétate de cyprotérone, le principe actif qu’on trouve dans la pilule contraceptive décriée, démultiplie le risque de méningiome. Et ce, dès six mois de traitement déjà.

En 2013, la Diane 35 avait défrayé la chronique dans notre pays, à la suite du décès de plusieurs femmes qui prenaient cette pilule contraceptive, généralement prescrite comme traitement contre l’acné et/ou l’hirsutisme (une pilosité excessive). Cinq ans plus tard, ce médicament est à nouveau dans le collimateur des autorités sanitaires. Cette fois, c’est l’Etat français qui tire la sonnette d’alarme: selon une récente étude, l’acétate de cyprotérone, principe actif de la Diane 35, augmente le risque de tumeur au cerveau.

Les travaux menés par l’Assurance maladie française et par une équipe de l’hôpital Lariboisière, à Paris, ont démontré que cet antiandrogène et progestatif, commercialisé en France sous le nom d’Androcur, multiplie par 7 le risque de méningiome, une tumeur cérébrale. Et ce, dès 6 mois d’utilisation déjà. Le risque est multiplié par 20 si le médicament est pris plus de 5 ans d’affilée. Bien que bénin dans 75 à 80% des cas, le méningiome peut avoir de lourdes conséquences: crises d’épilepsie, altération des fonctions intellectuelles ou de la vision, paralysie faciale, troubles de la mémoire, entre autres.

Selon la Dre Isabelle Yoldjian, de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) française, ce risque pourrait même être sous-estimé. «Ces chiffres reposent sur l'analyse des seuls cas opérés (ndlr: plus de 500 femmes entre 2007 et 2015), affirme la spécialiste. Or les médecins ne retirent pas toujours les tumeurs, car elles régressent souvent spontanément après l'arrêt du traitement. Et certaines peuvent aussi passer longtemps inaperçues.»

Un comité scientifique de l’ANSM, composé notamment de gynécologues et d’endocrinologues, doit réviser d’ici la fin de l’année les indications de l’Androcur, rapporte le site de L’Express.

Commercialisé par Bayer depuis les années 80, l’Androcur, qui contient uniquement de l’acétate de cyprotérone, est aussi prescrit comme traitement de l’endométriose. Dans la Diane 35, la molécule est associée à l’éthinylestradiol, un œstrogène.

En Suisse, la Diane 35 n’est pas autorisée «pour un usage contraceptif au sens strict», selon la liste établie par Swissmedic, l’agence suisse du médicament. Dans son document, cette dernière précise que cette préparation est exclusivement autorisée «pour le traitement de maladies liées aux hormones masculines (hyperandrogénisme) comme l’acné (ne répondant pas à d’autres traitements), l’hyperpilosité (hirsutisme) ou certaines formes d’alopécie. L'utilisation exclusivement comme contraceptif n'est pas indiquée».

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