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«Je ne gagne que 2000 francs par mois»

par Marie Hettich

14 MARS 2019

Job & Budget

Comment la génération Y appréhende-t-elle le monde du travail? Notre rédactrice Marie Hettich est allée à la rencontre de trois jeunes adultes qui privilégient liberté plutôt que revenu luxuriant.

«C’est stressant de voir des factures élevées arriver»
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David, 27 ans, Frauenfeld (TG)

Ma vie de pigiste présente deux inconvénients: d’abord, je ne peux pas me permettre d’être peu productif. Ensuite, c’est hyper stressant de voir des factures élevées arriver dans sa boîte aux lettres alors qu’on n’a que très peu d’argent sur son compte. Je travaille autant que la plupart des gens, mais je ne suis tout simplement pas payé pour tout. Pour l’écriture et les travaux d’ingénierie audio, je touche de l’argent. Quant au reste, c’est du volontariat – je suis co-opérateur dans un club et un festival. Je fais aussi de la musique et je suis actif dans le domaine des médias. J’ai d’ailleurs récemment obtenu une bourse pour aller vivre six mois à Buenos Aires dès juillet. Tout ce travail créatif m’apporte une certaine satisfaction, c’est extrêmement important pour moi. Pour être honnête, je ne pourrais jamais être employé à plus de 60%. Mon père a toujours beaucoup travaillé, il ne lui restait plus beaucoup de temps pour autre chose.

«Je préfère cela plutôt que de consommer à tout va»
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Caroline, 27 ans, Dubendorf (ZH)

Je gagne 2000 francs par mois. C’était un peu compliqué au début, car j’ai dû apprendre à me débrouiller avec peu d’argent. En même temps, je préfère cela plutôt que de consommer à tout va. Je travaille dans un take-away quatre jours par semaine. Mes journées durent six heures en moyenne. Le matin et le soir, j’ai du temps pour moi: je peins, je joue de la guitare ou je fais des promenades. Après mon apprentissage, j’ai voyagé six mois en Amérique du Sud. Cette aventure m’a changée. J’ai réalisé à quel point nous, les Suisses, nous nous définissons par notre travail et notre CV. Bien que j’aie essayé différents em­plois après mon voyage, je n’ai jamais vraiment trouvé ma voie. Mais ­depuis que j’ai plus de temps libre, je me sens complètement moi-même. Fait intéressant, je me sens aussi mieux dans mon corps. Franchement, je ne regrette pas mon choix. C’est super d’avoir des plages horaire de libre dans son agenda. Actuellement, j’organise une semaine de retraite pour les femmes.

«Quand j’étais stagiaire à 100%, que je gagnais des clopinettes»
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Daniel Maury, 28 ans, Genève

Je suis responsable adjoint de l’accueil et de la surveillance au Musée d’art moderne et contemporain de Genève. J’ai commencé en octobre dernier à 50%. Dans le domaine culturel, les places sont très rares et il s’agit souvent de temps partiels. Certes, je gagne moins d’argent que si je bossais à temps plein. Pourtant, je note une nette amélioration de ma qualité de vie par rapport à l’époque où j’étais stagiaire à 100% et que je gagnais des clopinettes. J’ai beaucoup de temps pour développer des projets personnels d’expositions, ce qui serait impossible autrement. Je pense que ma génération, par rapport à celle de mes parents, privilégie davantage la qualité de vie au détriment de la carrière et de l’argent. Concernant la cotisation à la retraite, j’avoue que je ne me pose pas trop la question. Je vis le moment présent.

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