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Anne Morgenstern

«Je la joue moins cow-boy»

par Valentina San Martin

26 OCTOBRE 2018

Entertainment

Bastian Baker n’avait que 20 ans lorsque sa carrière a décollé. Quatre albums et sept ans plus tard, le chanteur romand a toujours les pieds sur terre.

En tournée mondiale en première partie des concerts de Shania Twain, dans nos pubs ou sur les réseaux sociaux, Bastian Baker est partout. A 27  ans, le chanteur romand revient avec son quatrième album. Rencontre avec un jeune homme qui, malgré son succès, a su rester simple.

Sur notre shooting, tu portes des motifs, des rayures, des couleurs. Te sens-tu à l’aise dans ce style? Honnêtement, j’avoue qu’il ne me correspond pas vraiment. Sur le moment, j’avais l’impression d’être déguisé. Mais je pense que c’est cool d’essayer quelque chose de différent. Perso, je suis quelqu’un d’extrêmement sobre. J’ai deux tiroirs, chez ma grand-mère: un pour le blanc et un pour le noir.

Comment pourrais-tu définir ton style? Je dirai sobre, basique, rock’n’roll, genre veste en cuir et boots. Mais, ces derniers temps, je fais une sorte de transition. Je la joue moins cowboy. Je tente les sneakers et les bombers.

Tu attaches beaucoup d’importance à ton look? Quand j’étais ado, oui. Je faisais pas mal attention à mon image. Jusqu’à ce que j’en ai marre d’essayer quatre T-shirts le matin avant de faire mon choix. Mais c’est vrai que j’aime être bien habillé, genre costard-cravate lors d’un gala, par exemple.

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Anne Morgenstern

Donc les soirées mondaines avec un dress-code strict, ça te parle. Oui et non. D’ailleurs, j’ai une anecdote rigolote à ce sujet. En marge de la course à Kitzbühel, en Autriche, il y a LA soirée la plus mondaine du pays. J’y ai été invité. Mon manager ne m’avait pas prévenu. Le soir d’avant, j’avais fait une after et j’y avais perdu une chaussure, que je n’ai jamais retrouvée. J’y suis allé avec des Nike Running fluos, un jean et un T-shirt, alors que tout le monde était sur son trente et un. Finalement, ce genre de moment t’apprend à te dire que, malgré les quelques regards inquisiteurs, ce n’est pas si grave. Au contraire, c’est ­marrant.

Sur les photos, tu donnes l’impression d’être un mec cool, «easy going», décontracté. Est-ce uniquement pour ton image publique? Il n’y vraiment pas de différence entre mon image publique et qui je suis au quotidien. Sur un shooting, je suis le genre de mec qui va s’amuser et mettre une bonne ambiance. Et, si les gens sont sympas, généralement on va boire un verre après. Je suis le même derrière la caméra et dans la réalité.

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Anne Morgenstern

En parlant d’image publique, comment gères-tu ton statut de beau gosse auprès de tes fans féminines? Je ne crois pas que j’aie vraiment quelque chose à gérer. Je ne me lève pas le matin en me disant que je suis extraordinaire. D’accord, mon public est peut-être composé d’un peu plus de femmes, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je reçois beaucoup de soutien de la part d’un public très varié. Je ne choisis pas mes fans. Je dis toujours: «J’aimerais bien que le monde soit une salle de concert.» Parce que, quand je joue, je vois toute sorte de personnages, de caractères. Plein de gens viennent me voir. Filles, garçons, gays, lesbiennes et j’en passe. On est là, tous ensemble, et on passe un bon moment.

En ce moment, la pub Cardinal est diffusée tous les jours à la télé. Tu n’as pas peur qu’on puisse te voir comme un has-been alors que tu n’as que 27 ans? Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire de la musique et de la publicité à côté. Je me calque pas mal sur le modèle américain pour ma carrière et, là-bas, ce n’est pas du tout mal vu. C’est même plutôt un honneur d’être choisi pour apparaître dans une pub.

N’as-tu pas peur que ça te nuise, comme ça a été le cas pour Johnny Hallyday et sa pub pour Optic 2000? (Rire.) Justement, c’est là où le management doit être excellent! Et puis, honnêtement, les moqueries, ça me glisse dessus. Mais il est clair que, pour éviter ça, il faut du travail. Ma pub pour La Poste, par exemple, a impliqué beaucoup de travail. On a eu de longues réunions avec le réalisateur et les équipes pour créer quelque chose d’efficace, de drôle et de bonne qualité. D’ailleurs, ça n’a pas raté: en 2015, cette pub a été nommée meilleure pub en Suisse.

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Anne Morgenstern

Quatre albums, des collaborations avec des artistes internationaux, des tournées... Tu n’a pas envie de te poser? Là, je suis en plein rush. Je voyage beaucoup, je rencontre du monde. J’adore ma vie et je suis passionné par mon métier. Ce serait bête de se poser maintenant.

Pourquoi un album qui porte ton nom? J’en avais envie. Bob Dylan en a fait un. Dua Lipa aussi, dernièrement. Je me suis dit que c’était cool. En fait, c’était ça ou alors «Fourth Album». Les titres des deux derniers étaient des sortes de «Lebensmotto», des devises qui me correspondaient. Là, je n’avais pas trop de phrases philosophiques qui me venaient à l’esprit. J’avais envie de faire dans la simplicité.

Tu n’as pas peur que le public considère ce choix comme prétentieux plutôt que simple, justement? Au contraire. C’est très courant. Durant leur carrière, plein d’artistes ont donné leur nom à un album. Et je trouve que ça sonnait bien.

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