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J’ai laissé pousser mes poils sous les bras

par Marie-Adèle Copin

30 JUILLET 2018

Life

Notre journaliste Melanie Biedermann a, pour la première fois, cessé de se raser sous les bras. Et tous ses préjugés se sont envolés.

Il y a trois ans, Miley Cyrus et ses poils sous les bras ont fait le buzz sur le tapis rouge. L’artiste Arvida Bystom a affiché sa pilosité en 2017 dans la campagne Adidas Original. Et Lourdes Leon (la fille de Madonna) en fait de même dans l'actuelle campagne pour Converse. Les poils des aisselles semblent être à la mode. Pour autant, ils font toujours l’objet de discussions controversées.


Je n’ai jamais compris le battage médiatique autour de cette touffe. Est-ce que les poils sous les bras sont véritablement tendance? Ou est-ce une forme de rébellion? En regardant les campagnes de mode qui mettent en valeur la pilosité axillaire des femmes, je ne trouve pas ça si inesthétique. La seule chose qui pourrait me dégoûter, c’est la sueur qui s’y colle. Je ne sais pas si c’est vrai, car je me rase depuis mon adolescence. Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je suis curieuse de savoir ce que ça fait de se laisser pousser les poils pour la première fois.


Voilà ce que j'ai vécu


Au deuxième jour sans passage de lame, une petite barbe est apparue sous mes bras et pendant dix jours, elle n’a pas beaucoup évolué. J’étais surprise et un peu agacée. C’était un peu comme se laisser pousser la frange: la transition n’est jamais très heureuse, on perd facilement patience. Puis, mes poils sont devenus plus denses, ont pris plus de place. Je ne les aimais pas du tout. Mais que faire? Les raser? Les coiffer?


Ni l’un, ni l’autre. Mon dilemme était un non-sens, une vanité malavisée. Personne autour de moi ne m’a soudainement trouvée repoussante avec des poils sous les aisselles, mais les mots féministe, hippie ou punk ont été lâchés. Des mots que j’interprétais comme: hystérique, négligée, beurk.

Meli
Un selfie de Melanie Biedermann.

Mon ex n'arrivait pas à croire que les femmes ont des poils


Un exemple rend les choses plus claires: mon ex a un jour posé ses yeux sur moi avec un air de dégoût quand il a découvert de longs poils noirs autour de mon nombril. Sa réaction a été aussi significative que la mienne: «C’est négligé». Il n’arrivait pas à croire qu’en tant que femme, j'avais des poils qui poussaient. Au lieu de lui demander quel était le problème, j’ai eu honte.


Mon propre idéal? Je n’y ai jamais vraiment songé, malgré le flot de sermons body positive qui inonde actuellement les médias et les réseaux sociaux. J’en ai pris conscience en me rasant les poils des aisselles après six bonnes semaines.



Plus de poils à nouveau


Il faisait chaud et j’étais plus convaincue que jamais que mes aisselles resteraient plus fraîches si elles étaient chauves. Mais, bien sûr, les raser ne m’a pas apporté de soulagement en termes de transpiration. En plus, je n’aimais plus l’aspect prépubère de mes dessous de bras. Je m’étais habituée à mes poils.


En attendant, je comprends pourquoi Miley, Arvida et Lourdes font parler d’elles. Ce sont des femmes qui passent pour exotiques dans un monde plein d’autres femmes épilées. Cela peut certainement être considéré comme une forme de rébellion. Parce que le sujet des poils sous les bras n'aura plus lieu d'être le jour où les gens se rendront compte que c’est la chose la plus naturelle au monde.

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