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Jacinda Ardern, une Première ministre qui en a

par Eva Grau

25 MARS 2019

Politique

Depuis l’attentat de Christchurch, la cheffe du gouvernement néo-zélandais a vu sa cote d’amour monter en flèche. Chez Friday aussi, on l’adore. Et à plus d’un titre.

Elle est précoce

Si deux autres femmes l’ont précédée à la tête du gouvernement néo-zélandais, Jacinda Ardern est toutefois la plus jeune à occuper ce poste depui 1856. Elle n’avait que 37 ans lorsqu’elle est devenue Première ministre. Elle est aussi la cheffe la plus jeune qu’ait eu le parti travailliste, auquel elle a permis de faire une remontée spectaculaire puisque, deux mois encore avant l’élection, le parti affichait son score le plus bas depuis vingt ans. Last but not least, Jacinda est devenue en 2008, la plus jeune membre de la Chambre des représentants, à tout juste 28 ans.

Elle est féministe

Après la Pakistanaise Benazir Bhutto, Jacinda Ardern est la deuxième femme au monde à avoir un bébé tout en étant au pouvoir. Et à s’octroyer six semaines de congé maternité, prouvant ainsi que maternité et travail – quel qu’il soit – ne sont pas incompatibles. Lors de la campagne électorale, elle avait déjà cloué le bec à un interlocuteur sexiste d’un: «Il est totalement inacceptable de dire en 2017 que les femmes doivent répondre à cette question. (...) Le choix du moment pour avoir des enfants appartient aux femmes. Cela ne doit pas déterminer le fait de décrocher ou non un emploi.» Et toc.

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Elle est pionnière

L’année passée, les images de Jacinda Ardern arrivant à l’ONU avec son mari et son bébé de 3 mois (ci-dessous) ont fait le tour du monde. Et pour cause: Jacinda Ardern est la toute première dirigeante à siéger avec son enfant à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies. Petit clin d’oeil, elle avait même mis sur son bébé un badge estampillé «New Zealand First Baby».

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Elle est populaire

Son programme politique – légalisation de l’avortement, réduction des coûts d’accès à l’université, accès au logement facilité pour les familles à faibles revenus ou encore baisse des quotas migratoires – l’a rendue très populaire auprès des électeurs. Lors de sa campagne, la presse locale a même parlé de «Jacindamania». Une cote d’amour qui s’est étendue à la planète après la tuerie qui a fait une cinquantaine de morts le 15 mars dernier dans deux mosquées de Christchurch. Les médias du monde entier ont salué sa réaction après le massacre, l’édition australienne de «Marie Claire» allant jusqu’à écrire: «Voici à quoi ressemble un leader.» En son honneur, la photo de la Première ministre néo-zélandaise a été affichée sur la plus grande tour du monde, située à Dubaï, avec le mot «paix».

Elle est empathique

Après l’attentat, Jacinda Ardern a rendu visite à la communauté musulmane. Là encore, les images d’elle, la tête recouverte par un voile, serrant dans ses bras des membres de la communauté, lui ont valu un élan de sympathie mondial. Quelques jours après la tuerie, elle ouvrait la séance du Parlement en prononçant par un «as-salaam Alaikum», expression de bienvenue en arabe qui signe «la paix soit avec vous». En parlant de paix, il ne serait pas étonnant qu’elle décroche le Nobel. Deux pétitions en ce sens ont été lancées.

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Elle est anti-Trump

Merci, mais non merci. Fermement mais poliment, elle a refusé l’aide proposée par Donald Trump après l’attentat de Christchurch. Et s’est même offert de rendre sa réponse publique. «Il a demandé ce qu’il pouvait faire, et je crois que j’ai juste fait passer le ressenti qu’on a ici en Nouvelle-Zélande. Mon message était un message de sympathie et d’amour pour toutes les communautés musulmanes.» Il faut dire qu’entre sa politique et celle du locataire de la Maison-Blanche, il y a un monde. Jacinda milite contre le changement climatique et pour l’égalité des genres, alors que Trump, lui… bon, on va pas te faire un dessin.

Elle est anti-armes

Après s’être refusée à prononcer publiquement le nom du tueur, un extrémiste cherchant la gloire, Jacinda Ardern a annoncé vouloir changer la législation en matière d’armes à feu. Sitôt dit, sitôt fait: les armes semi-automatiques de type militaire et les fusils d’assaut seront interdits en Nouvelle-Zélande dès le 11 avril prochain. Des centaines de Néo-zélandais ont déjà entamé les démarches pour rendre leurs armes afin de ne pas risquer une amende pouvant aller jusqu’à 4000 dollars néo-zélandais (2733 francs suisses) voire trois ans de prison.

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