Jessica King Copie
Capture d'écran Deutsche Welle

Ils ont gagné la Coupe du monde des gros relous

par Valentina San Martin

3 JUILLET 2018

Life

Depuis le début de la Coupe du monde de foot, plusieurs journalistes sportives ont été victimes de gestes déplacés en plein direct. Elles ont décidé de réagir.

Jeudi 14 juin 2018: coup d’envoi pour la Coupe du monde de foot 2018. Pour l’occasion, une horde de journalistes spécialisés dans le sport se sont rendus en Russie. Suivi des matchs, commentaires ou analyses des stratégies de jeu font partie du quotidien de ces reporters pendant près d’un mois. Pour les femmes journalistes, en revanche, cet événement s’avère aussi être synonyme d’agressions sexuelles à répétition. Certaines ont décidé de dénoncer le problème à leur manière.


Le tout premier jour de match, l'envoyée spéciale colombienne Julieth Gonzalez Theràn se trouvait en live dans la fan zone de la ville de Saransk, lorsqu'un supporter a fait irruption devant la caméra avant de l'embrasser et de lui attraper la poitrine. La journaliste n’a pas réagi de suite. Elle est restée impassible, micro en main. Néanmoins, elle a partagé la vidéo et dénoncé son agression quelques jours plus tard sur Instagram: «RESPECT! Nous ne méritons pas ce traitement. Nous sommes tout aussi professionnelles et méritantes que vous. J’aime le football, mais il est important d’identifier certaines limites entre excitation et harcèlement».

La journaliste brésilienne Julia Guimaraes a elle aussi subi ce type de gestes déplacés. Alors qu’elle s’apprêtait à présenter l'ambiance à l’avant-match Japon–Sénégal, un homme a tenté de lui arracher un baiser. La jeune femme a tout de suite repris son agresseur en lui expliquant fermement qu’il n’avait pas le droit d’agir ainsi, qu’elle n’avait pas consenti à ce geste et qu’il ne devrait plus jamais faire de ce genre de chose ni à elle, ni à une autre femme.

Pareil pour la journaliste française Kethevane Gorjestani. Elle commentait le match Uruguay-Russie à la Fan Fest de Saint-Pétersbourg quand, soudain, un homme vraisemblablement alcoolisé l’a embrassée dans le cou en plus d'avoir les mains franchement baladeuses. Pour la jeune femme, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Deux jours plus tard, elle balançait son coup de gueule sur Twitter. Elle a ensuite été interrogée par la chaîne France Info et en a profité pour dénoncer le problème en vidéo.

Comme toutes l’ont très justement pointé, être enjoué, soutenir son équipe ou faire la fête après une victoire est compréhensible. Cela fait même partie de l’ambiance du Mondial. Mais embrasser ou simplement toucher la journaliste qui ne fait que son travail, c’est dépasser les limites. Et si on ne connaît pas encore le champion du foot de cette année, on sait déjà à qui décerner la Palme d’or des gros relous.

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