Angelia Rognee
AFP

Hollwood est toujours aussi macho

par Eva Grau

3 AOÛT 2018

Entertainment

Une étude universitaire menée sur onze ans démontre que la sous-représentation des femmes dans le cinéma américain ne va pas en s’améliorant.

C’est désormais une habitude: à chaque cérémonie des Oscars ou des Golden Globes, une actrice (au moins) dénonce le machisme régnant à Hollywood. Les femmes y seraient sous-représentées. Reléguées à des rôles sexistes. Voire carrément écartées après un certain âge. Vraiment? Oui. Une étude de l’Université de Californie du Sud vient de le confirmer.


Les chercheurs ont passé au crible les équipes qui ont travaillé sur les cent plus gros succès cinématographiques sortis chaque année entre 2007 et 2017, soit un total de 1100 films de fiction. Leur verdict est sans appel.

Devant la caméra

L’an dernier, seuls 31,8% des rôles étaient féminins, soit une augmentation de 1,9% entre 2007 et 2017. C'est surtout dans les comédies que le pourcentage d’actrices a augmenté, passant de 36% en 2007 à 42,9% en 2017.


La proportion de films dont le rôle principal est tenu par une femme n’a pas évolué en une décennie. Elle stagne autour des 30%. Et c’est encore pire pour les actrices de couleur ou âgées. En 2017, parmi cette trentaine d’heureuses élues, seules quatre étaient des personnes de couleur (Halle Berry, notamment) et cinq avaient 45 ans ou plus (dont Meryl Streep, Frances McDormand et Judi Dench).



Les stéréotypes de genre persistent eux aussi: l’an passé, 28,4% des actrices ont porté une tenue sexy à l'écran et 25,4% ont interprété des scènes de nu. Leurs homologues masculins n’étaient que 7,5% à être habillés sexy et 9,6% à jouer nus.

Derrière la caméra

Côté production, la situation n’est pas meilleure. En 2017, huit réalisatrices (dont une seule Noire et aucune Asiatique) ont signé un long-métrage, contre 101 réalisateurs. Certes, c’est mieux que dix ans plus tôt, où seules trois femmes avaient mis en scène un film. L’année passée, 34 scénaristes femmes, 247 productrices et 1 compositrice ont été créditées au générique d’un film hollywoodien.


Parmi les 53 femmes qui ont réalisé au moins un film au cours de cette décennie, l’étude cite Angelina Jolie («Au pays du sang et du miel» en 2011, «Invincible» en 2014, «Vue sur mer» en 2015 et «First They Killed My Father» en 2017), Kathryn Bigelow («Démineurs» en 2008, «Zero Dark Thirty» en 2012 et «Detroit» en 2017), Jodie Foster («Le complexe du castor» en 2011 et «Money Monster» en 2016), Nancy Meyers («Pas si simple» en 2009 et «Le nouveau stagiaire» en 2015) et Nora Ephron («Julie & Julia» en 2009).



L’étude souligne que les réalisatrices ont plus tendance à faire tourner des femmes que leurs homologues masculins: dans leurs films sortis en 2017, 43% du casting était féminin, contre 30,9% dans les longs-métrages réalisés par un homme.


Clause équitable dans les contrats


Les auteurs concluent en rappelant que, pour faire bouger les choses, il est important que les acteurs bankables fassent inclure une clause «équité» dans leurs futurs contrats: le fameux «inclusion rider» évoqué par Frances McDormand, sacrée meilleur actrice, lors des oscars 2018 (ci-dessous).

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