Logisch Store Friday Magazine
Hannah Gottschalk

Ces gymnasiennes ont ouvert leur propre magasin de seconde main

par Gina Buhl

31 AOÛT 2019

Fashion

Au Logisch-Store, à Berne, quatre ados, préoccupées par le changement climatique, vendent des fringues d’occasion.

Ce n’est pas comme si elles avaient besoin d’un ours polaire pour penser à l’urgence climatique. Pourtant le regard de Tessa, Emma, Isabelle et Louise croise une affiche représentant ce pauvre animal quand, la tête légèrement baissée et un skate sous le bras, elles descendent l’étroit escalier qui les mène au Logisch-Store, magasin de fringues seconde main qu’elle ont ouvert en février.

Et pour cause. Greta Thunberg n’avait pas encore entrepris sa première grève que les quatre Bernoises s’inquiétaient déjà des effets du changement climatique. «La protection du climat m’intéresse depuis que je suis toute petite. C’est intolérable de voir notre monde partir en sucette et de rester là sans rien faire», lance Isabelle, 17 ans, le menton en appui sur ses poings. C’est la pose de la penseuse de la bande, l’attitude tant-pis-si-ça-fait-mal-les-choses-doivent-changer. Elle resurgit souvent lorsqu’on échange avec ces quatre jeunes femmes.

Logisch Store gymnasiennes à Berne Friday Magazine
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Une passion pour le skateboard et les tenues vintage

Mais les gymnasiennes, qui tiennent boutique le vendredi et le samedi à la Münstergasse, à Berne, partagent plus qu’une posture: une passion pour le skateboard et les tenues vintage, notamment. Et aussi un brin de colère. Pas la colère typique des adolescents, tournée contre les parents, les profs ou les videurs qui leur interdisent l’entrée en boîte. Leur colère a pour cible la politique et les multinationales, dont «la soif insatiable d’argent et de pouvoir détruit le monde», comme le formule Louise, 16  ans.

Les filles du Logisch store à Berne Friday Magazine
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Les quatre amies sont sur tous les fronts

Être activiste est à leurs yeux un privilège qui n’est pas donné à tout le monde. «Plus encore depuis que Greta nous a tirées de notre léthargie», souligne Emma, 17  ans. Parallèlement à des groupes de travail sur la protection du climat et l’organisation de grèves, elles agissent désormais à travers leur magasin de vêtements d’occasion, installé dans la cave de la boutique de la mère d’Emma. Elles espèrent encourager d’autres à sortir du grand gâchis qu’est la fast fashion. «On adore les magasins de vintage et on regrettait de ne pas en avoir à Berne. Alors on s’est dit: «Pourquoi ne pas se lancer?», sourit Tessa, 17  ans. La plupart de leurs semblables auraient trouvé mille excuses: pas assez de temps pour soi, pas assez d’argent, trop peur de se tromper.

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Elles reversent les recettes des ventes à des ONG

La crainte de l’échec, notre quatuor la laisse à d’autres. «Tout le monde s’attend à ce qu’à notre âge nous finissions par faire une erreur monumentale», glisse Isabelle. Mais jusqu’ici tout va plutôt bien: à l’ouverture, elles ont dû faire entrer les nombreux curieux par petits groupes. Des sacs de fripes à déballer s’entassent sur les marches. «Il y a toujours quelque chose à faire.» Et l’argent gagné? Il ne finit pas dans leur sac banane: les entrepreneuses reversent l’intégralité des recettes à des ONG.

Elles ne gardent que les pourboires, qu’elles prennent au sens littéral. Et alors qu’elles évoquent leurs projets pour la soirée et les verres qu’elles se paieront à la Reitschule, on comprend que les quatre bouillonnantes activistes sont aussi des ados comme les autres.

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