Gwendolineest Une Coquine 4
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Un vrai conte de fées (fin)

par Miranda Maxima

26 AOÛT 2018

Entertainment

Chaque dimanche durant l’été, Friday a publié un volet de son feuilleton érotique narrant les folles aventures d’une jeune Nyonnaise qui éternue après avoir joui. Voici le neuvième et ultime épisode.

«Elias! Elias! Où est passé ce gosse?» Gwendoline venait de remettre du rouge à lèvres et avait remarqué, en regardant le miroir, qu’un de ses fils s’était volatilisé. «Mathias, ton frère était assis à côté de toi, il y a deux minutes. Où est-il ?» Placide, le gamin haussa les épaules et continua à jouer avec une boule de pâte à modeler. «Je suis là, maman», dit une voix venant de sous le lit. Le petit bonhomme, âgé de 4 ans, était mort de rire. Cette farce marchait à tous les coups. Comme il lut la tristesse dans les yeux maternels, il courut à elle pour lui faire un bisou. «Je t’aime, maman.» Mathias les rejoignit et Gwendoline versa une larme en enlaçant ses enfants. Depuis qu’elle avait été kidnappée, cinq ans auparavant, la jeune femme était terrorisée à l’idée que cela puisse arriver à la chair de sa chair. Il était 9h et le soleil brillait sur Madrid. La fin de ce mois d’août était radieuse.

La main de Gwendoline coiffa les cheveux d’Elias qui, comme toujours, était ébouriffé. Lui et son jumeau étaient vêtus à l’identique: un costume en grain de poudre ivoire, une chemise bleu ciel et un nœud papillon ton sur ton. La Vaudoise regarda de nouveau le miroir et admira le trio qu’elle formait avec ses angelots blonds. Elle aimait beaucoup la robe en faille anis qu’elle avait trouvée chez Valentino. Jean-Victor entra dans la chambre à ce moment-là et, lui aussi, fut touché par la scène. Il adorait sa famille. Il était magnifique dans sa jaquette. Sous son bras, il serrait un haut-de-forme noir. L’ensemble avait été réalisé chez un tailleur de Savile Row. «Dépêchez-vous! Vous allez être en retard au mariage!», dit Gwendoline en poussant hors de la suite les trois hommes de sa vie.


Elle sortit avec eux et longea un couloir du Westin Palace. Une chambrière, dans son sillage, respira la fragrance poudrée dont elle venait de s'asperger. Gwendoline toqua à la porte de la suite occupée par Vanessa. La mère de celle-ci lui ouvrit. Gwen la suivit jusqu’à un salon où sa meilleure amie l’attendait, droite comme un i sur un tabouret. Elle était impériale telle une brindille dans un fourreau blanc en satin duchesse. Ce chef-d’œuvre cousu sur mesure avait été exécuté chez Delpozo. Le coiffeur venait juste de fixer le diadème en or blanc serti des diamants dans la chevelure de la mariée. Les amies se sourirent et s’embrassèrent. Vanessa indiqua à Gwen que tout allait bien et qu’elle pouvait rejoindre les autres demoiselles d’honneur sur le parvis de San Jerónimo el Real.

A 11h, le voile en tulle blanc traversa la nef. L’église était pleine. Tout le gotha assistait aux noces de Sebastián de Mora y Borbón, grand d’Espagne, avec une roturière née à Gland, en Suisse. Il avait fallu beaucoup d’habileté au couple pour faire admettre une telle disparité à l’entourage du marié. Vanessa avait dû se convertir au catholicisme et apprendre les usages du monde. En avançant vers l’autel, elle repensa à la fois où elle s’était moquée du patronyme qui aujourd’hui deviendrait le sien. «Bourbon... Comme le whisky?», avait-elle demandé, hilare, au jeune médecin. Ce dernier était immédiatement tombé amoureux. Elle, pas du tout. Elle avait repoussé la première demande en mariage, survenue quelques heures après leur rencontre. Vanessa, qui venait à peine d’assumer sa bisexualité, se voyait mal dans une relation hétérosexuelle monogame. Et pourtant, elle céda trois ans plus tard.


Sebastián était l’être qui la rendait heureuse. Ils vivaient ensemble à Lausanne. L’interne de naguère était devenu un neurochirurgien que le CHUV s’enorgueillissait de compter parmi les siens. Ils fréquentaient Gwendoline et Jean-Victor qui, eux, s’étaient immédiatement mariés l'année de leur rencontre et résidaient au château de Caux. Vanessa était la marraine d’Elias et de Mathias. Sebastián était leur parrain.

La cérémonie religieuse fut aussi belle qu’émouvante. Les époux quittèrent les lieux sous une nuée de pétales rouges et s’engouffrèrent dans une Rolls. La réception qui suivit se déroula dans la résidence madrilène des Mora, sise non loin de parc du Retiro. Vu la proximité, la plupart des invités, contents de se dégourdir les jambes, y allèrent à pied. Les femmes en stilettos prirent la navette. Le buffet fut dressé dans les jardins attenants à cette maison du XVIIe siècle. Sur les tables, des fleurs blanches entouraient mille délices préparées selon les traditions ibériques. Gwendoline était rayonnante, elle but une coupe de champagne et bavarda avec les cousins du marié.


L’un d’eux, Héctor, joueur de polo argentin, retint particulièrement son attention. Il avait 26 ans, comme elle, et s’exprimait dans un français impeccable. Son regard noir et son sourire enjôleur plurent à la mère de famille. Au dîner, ils se retrouvèrent vis-à-vis. Ils rirent beaucoup en se faisant de grimaces. Après quoi, on dansa toute la nuit. La rumeur se répandit qu’une demoiselle d’honneur forniquait sans vergogne avec tout ce qui avait des cojones. Elle fut le point de mire de tous les célibataires mâles et en particulier d'Héctor qui partit avec elle. Les mariés allèrent se coucher à 4h. Gwendoline et Jean-Victor arrivèrent à l’hôtel peu avant 5h. Les enfants, confiés à leur nounou philippine, dormaient déjà depuis longtemps.

Gwendoline avait été émoustillée par le sex-appeal d’Héctor. Elle était étendue, nue, sur le lit. Elle était sublime, presque irréelle. Un rayon de lune passant à travers le store entrouvert zébrait sa peau. Jean-Victor glissa la pulpe de ses doigts sur l'abdomen de sa femme. Elle eut des frissons. Les caresses lui firent penser au bel Argentin. Jean-Victor était tout feu tout flamme. Il la retourna et lui mordilla les fesses. Elle gémit. Elle aurait voulu que ce soit la bouche de l’autre. Elle imagina être la demoiselle d'honneur partie avec le joueur de polo. Elle reçut une petite tape, cria. Elle fut empoignée à la nuque et sentit une verge glisser délicatement entre ses jambes. Le désir ruisselait en elle. Elle se mit à quatre pattes: la levrette était sa position préférée. Dans son fantasme, c’était Héctor qui la pénétrait avec fougue. Le va-et-vient de la bête la faisait exulter. Elle enfouit son doux visage dans un oreiller pour que ses gémissements ne troublent pas la calme rumeur de la ville. La sensation l'électrisait. Comme c'était bon! Elle jouit en poussant un cri de bonheur. Depuis son mariage, elle n’éternuait plus après un orgasme, mais Gwendoline demeurerait toujours une coquine.

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