Gwendolineest Une Coquine 4
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Cauchemar à Cossonay (épisode 8)

par Miranda Maxima

19 AOÛT 2018

Entertainment

Chaque dimanche durant l’été, Friday publie un volet de son feuilleton érotique narrant les folles aventures d’une jeune Nyonnaise qui éternue après avoir joui.

Gwendoline était recroquevillée. Elle sanglotait en silence. Elle s’était réveillée dans une pièce plongée dans le noir. L’humidité lui indiquait qu’elle était dans un sous-sol. Elle n’avait aucune idée de l’heure qu’il était. Elle ignorait s’il faisait jour ou nuit à l’extérieur. Combien de temps s’était-il écoulé depuis qu’elle avait été enlevée à Caux? Mystère! Elle avait très mal à la tête. Avec sa main gauche, elle avait tâté une bosse au sommet de son crâne. L’autre main n’était plus en mesure de faire quoi que ce soit: le poignet était menotté aux barreaux d’un lit sur lequel elle était assise. Il y avait juste un matelas moisi posé de travers sur le sommier. L’odeur de pisse de chat qui en émanait accentuait la douleur de l’infortunée.

Elle entendit un grincement de porte. «Jean-Marie, c’est toi?, geignit-elle. Je sais que tu es là.» Elle avait reconnu l’eau de toilette orientale de son ravisseur. Il raffolait tant de cet accord oud-rose qu’il en mettait toujours davantage que son jumeau, Jean-Victor. Où qu’il aille, cette particularité signalait sa présence avant son arrivée et après son départ. «Jean-Marie, réponds, s’il te plaît!», dit-elle doucement mais avec fermeté. Elle sentit un courant d’air. Jean-Marie s’assit à côté d’elle. «Gwen, tu m’as causé un immense chagrin. Tu ne vois donc pas l’amour que j'éprouve pour toi. Notre couple est tout pour moi.» Gwendoline pensa que son interlocuteur avait perdu les pédales, car elle savait qu’ils n’avaient jamais formé un couple. Elle, elle aimait Jean-Victor, même s’il s’était joué de sa crédulité en la partageant avec son frère. «Tu comptes aussi pour moi, Jean-Marie, mais il faut que tu comprennes que je suis avec Jean-Victor. Ce lien est indéfectible.» Elle avait appris ce mot avec sa marraine, prof à l’Université de Genève, et l’utilisait à tout bout de champ pour faire la maligne. Sauf qu’à ce moment-là elle n’avait plus du tout envie de rire.

Jean-Marie lui raconta sa vie brisée parce que, très tôt, il avait montré des signes de faiblesse. Il était bipolaire. Ses troubles psychiques s’étaient accrus à force de consulter des charlatans. Il lui conta l’horreur qu’avait été la perte de sa mère et de son père dans un accident de voiture. Les deux orphelins avaient 6 ans quand ils furent séparés par leur tuteur, un certain Schneider. Ce sinistre individu ne supportait pas les lenteurs de Jean-Marie. Il multipliait les brimades à son encontre. Jean-Victor était son préféré parce qu’il était vif d'esprit. Le pauvre enfant fut mis en pension en Thurgovie, après quoi il fit plusieurs séjours dans un hôpital psychiatrique. A leur majorité, Jean-Victor le prit sous son aile et devint son curateur. Hélas, le mal était fait: Jean-Marie ne supporterait plus jamais de vivre dans la lumière. Gwendoline l’écoutait sans broncher, elle sentait croître son anxiété à mesure que le récit du déséquilibré était débité avec une voix tranchante. Jean-Marie l’acheva avec ces mots: «Je préférerais te voir morte plutôt qu’avec l’autre connard.»

Au château de Caux, l’inquiétude était à son comble depuis qu’on avait découvert la disparition de Gwendoline. A 15h, en apprenant la nouvelle, Jean-Victor eut un coup de sang. Il bondit hors de son lit. Il était persuadé que son jumeau avait tout manigancé. Il avait rejoint Sebastián, Vanessa et Cécile dans le petit salon bleu face au Léman. Ils renoncèrent à prévenir la police pour éviter le scandale que le riche héritier redoutait. Vanessa eut alors une idée de génie: appeler Horace, son médium géobiologue qui vivait à La Brévine. Aussitôt dit, aussitôt fait. Après une incantation, le vénérable Neuchâtelois répondit à la Vaudoise que pour trouver son amie elle devrait suivre les deux étoiles du Cerf. Pour elle, cette énigme était simple à résoudre, car ses parents l’avaient souvent emmenée dîner au restaurant de Carlo Crisci, à Cossonay. Sebastián, hypnotisé par Vanessa, la prit dans sa voiture. Cécile monta dans celle de Jean-Victor. Les quatre jeunes gens foncèrent chez les Traîne-Gourdins, sobriquet qu’on donnait aux autochtones.

Jean-Victor savait que son frère logeait parfois dans une maison au cœur du bourg. Cette propriété faisait partie du patrimoine familial. Lui-même ne s’y était jamais rendu et avait dû contacter le family office qui gérait leurs affaires pour obtenir l’adresse exacte. Sur place, Jean-Victor et Sebastián renoncèrent à enfoncer la lourde porte en bois, un superbe ouvrage du XVIIe siècle. Cécile, qui avait été scoute, réussit à crocheter la serrure avec le tournevis qu’elle avait récupéré dans une boîte à gants. A l’intérieur, il n’y avait personne mais ils découvrirent un cloaque indescriptible. A l’évidence Jean-Marie souffrait du syndrome de Diogène. Une voisine octogénaire attirée par une l’agitation, parfaitement inhabituelle à Cossonay, vint fourrer son nez dans la bâtisse à la suite du quatuor. «Vous recherchez le sagouin qui habite ici? Je l’ai vu filer, ce matin, avec une fille très vulgaire. Vu sa démarche, ça devait être une droguée.» Elle leur indiqua le temple juste en face et leur apprit que Jean-Marie était ami avec le pasteur.

Ils coururent au temple et trouvèrent, non sans peine, le moyen d’accéder au sous-sol. Le lieu était sinistre. Ils traversèrent des couloirs sombres et soudain entendirent une voix: «Relapse! Repens-toi, fille du diable!» Aucun doute, c’était celle de Jean-Marie. Le détraqué, nu comme un ver, était dans une cellule sans soupirail. Il balayait l’air avec un crucifix. Face à lui, prostrée sur le lit, Gwendoline était en pleurs. Elle se protégeait la visage avec l’avant-bras. Les deux garçons sautèrent sur le fou. La bagarre fut épique. Jean-Marie était un fauve enragé qui éructait des insultes contre ses assaillants: «Enculés! Enculés! Anathème! Anathème!». Ils réussirent à le plaquer au sol. Sur ordre de Sebastián, Cécile s’avança vers eux et piqua la fesse du forcené avec un puissant soporifique. Deux minutes plus tard, il était inerte. Vanessa se précipita alors vers Gwendoline pour la réconforter. La captive était terrorisée mais elle était sauve.

Il fut décidé que Jean-Marie resterait à l’isolement et que Sebastián se chargerait ultérieurement de son cas avec des confrères de l’hôpital de Cery. Il fallait en priorité s’occuper de Gwendoline. Ses amis la conduisirent au château de Caux. Le jeune médecin l’ausculta dans la chambre du maître de maison et constata un état de stress post-traumatique. Il lui administra un sédatif. Pendant tout ce temps, Jean-Victor ne lâcha pas la main de sa bonne amie et la couvrit d’affection. Il était rongé par la culpabilité. Il s’accusait d’avoir provoqué ce désastre. Il choisit de veiller Gwendoline qui s’était endormie. Sebastián rejoignit Vanessa et Cécile au bord de la piscine. Il était déjà 21h et, pour se relaxer, ils burent un verre. Aucun d’eux ne parlait. Harassée par la fatigue, Cécile s’endormit sur l’épaule de sa copine. Vanessa dévorait des yeux le beau Madrilène. Lui aussi ne pouvait s’empêcher de la fixer. Elle se leva et étendit Cécile sur la banquette où elles étaient assises. Elle s’enfonça dans le jardin, se retourna et lança un regard à celui dont elle admirait la bravoure.

Il la suivit et ils s’embrassèrent. Ils avaient disparu derrière le feuillage d’un laurier rose. Il la serra contre lui. Elle aimait sa virilité et goûta la texture de sa peau. Elle s’accroupit et baissa le pantalon du médecin. Elle fit jaillir son chibre et le suça avec délice. Elle s'agrippait à ses cuisses musclées et laissa rêver ses doigts à travers la pilosité de Sebastián. Il gémissait et pour ne pas jouir tout de suite il allongea Vanessa sur la gazon. Il lui suçota les mamelons. Elle tressaillit. Leurs baisers étaient sans fin. Elle glissa le sexe de Sebastián entre ses cuisses et il lui fit l’amour. Vanessa était en transe. Derrière les branches, Cécile assistait au spectacle. La trahison de sa chérie lui poignardait les entrailles. Elle s’éloigna sans bruit et disparut dans la nuit. Le bassin de Sebastián allait et venait de plus belle sur le bas-ventre de Vanessa. Elle hurla en jouissant. Il éjacula. Leurs deux corps retombèrent côte à côte. Les yeux de l’amant brillaient sous le ciel empourpré de la Riviera vaudoise. Il prit la petite main de Vanessa et la porta sur son torse haletant. Elle sentit le battement de son cœur. Ils se regardèrent et lui, épris comme jamais, dit: «Vanessa, veux-tu m’épouser?»

Retrouve le dernier épisode de «Gwendoline est une coquine» dimanche 26 août.


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Jean-Victor demandera-t-il la main de Gwendoline? Dans le courant de la semaine, tu pourras orienter la conclusion du feuilleton en participant à notre sondage en story sur Instagram. Reste connectée!

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