Gwendolineest Une Coquine 4
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L'ivresse des sentiments (épisode 5)

par Miranda Maxima

29 JUILLET 2018

Entertainment

Chaque dimanche durant l’été, Friday publie un volet de son feuilleton érotique narrant les folles aventures d’une jeune Nyonnaise qui éternue après avoir joui.

Pied au plancher, Vanessa filait sur l’autoroute A5. A 16h45, au niveau d’Yverdon-les-Bains, La meilleure amie de Gwendoline, du moins celle qui prétendait l’être, dégagea les mèches de ses cheveux qui volaient dans l’habitacle et lui giflaient le visage. Il faisait horriblement chaud, elle avait beaucoup bu, et elle avait ouvert toutes les fenêtres de son Audi pour respirer l’air du lac. Vanessa était furieuse. «Comment as-tu pu me laisser tomber comme une vieille chaussette? J’aurai ta peau, Bryan!»

La jeune femme, âgée de 21 ans, était issue de la petite bourgeoisie glandoise, ce qui la rendait complexe. Elle admirait sa pote, si bien foutue contrairement à elle, et, en même temps, elle ne pouvait s’empêcher de la jalouser. Mue par sa duplicité, elle avait profité du séjour de Gwen au château de Caux pour rendre visite à Bryan, sexfriend officiel de sa copine. Le beau couvreur rollois avait été hospitalisé à la suite d’une intoxication alimentaire. C’était l’occasion idéale pour l’enjôler: elle le désirait secrètement depuis des mois. Elle s’était souvent rendue à son chevet et avait largement contribué à son prompt rétablissement. Dès sa sortie, le garçon, un fantasme sexuel ambulant, était allé souper dans l’élégant deux-pièces de Vaness’. Il lui manifesta sa reconnaissance en devenant son amant.

Vanessa roulait à tombeau ouvert. Au niveau de la sortie Grandson, elle se remémora les moments tendres que Bryan et elle avaient partagés. Ils avaient leur rite: l'ouvrier la massait avec ses mains robustes. Il utilisait une huile à l’ylang-ylang vendue en duo pack avec une bougie parfumée à la droguerie-herboristerie de Mauverney. Il attaquait toujours par la nuque, descendait sous les omoplates et se concentrait sur les reins. Il malaxait ses fesses, glissait ses paumes entre elles, chatouillait sa vulve avant d’embrasser cette partie du corps qui l’excitait tant. Elle était électrisée par sa maîtrise et s’offrait sans peine à ses assauts virils. Ce mec était divin: il savait la dominer tout en la traitant comme une reine. Hélas, après une semaine d'un bonheur que rien n'altérait, l’étalon s’était enfui. Il avait réactivé son compte Tinder et s’était amouraché de Stéphanie, une serveuse neuchâteloise qui bossait dans un restaurant du Creux-du-Van. Voilà pourquoi Vanessa, telle une furie, fonçait vers eux pour régler ses comptes avec la «petite salope» et le «gros connard». Elle les surprit dans le réfectoire du resto.

L’établissement était une ancienne ferme. Les clients pouvaient même passer la nuit dans un dortoir aménagé dans les combles. C’est là que Bryan et Stéphanie vivaient leur amour, heureux d'être loin du monde. En les voyant côte à côte, Vanessa se mit à hurler. Elle les injuria. Elle gifla Bryan et tira les cheveux de sa rivale. On avait rarement entendu un tel grabuge en ce lieu de quiétude. Dans son exaltation, la folle s'empara d'un couteau posé sur une des longues tables. Elle blessa Bryan à l'avant-bras, mutilant son tattoo tribal. Le personnel prit fait et cause pour le blessé. Alors, le cuistot et deux clients outrés par un tel comportement désarmèrent Vanessa et l'expulsèrent sans ménagement. Elle se retrouva à quatre pattes sur la prairie caillouteuse. Le soleil la dardait de ses rayons. Elle pleurait tout son soûl en maudissant le sort qui lui avait fait connaître pareille infamie. Elle se jura de dénoncer à la police celui qui arrondissait ses fins de mois en dealant de l’herbe: «Tu croupiras à la Croisée, Bryan!» Elle savait que la perspective de la prison était la pire hantise de son ex-amant.

Vanessa se releva et zigzagua en direction de la falaise. La majesté du vide l’aimantait. Dieu sait ce qu’il serait advenu de la pauvre égarée si un petit groupe de filles ne s’était pas mis en travers de sa route. Les samaritaines la ramenèrent loin du gouffre. Quel miracle que Lestime, association lesbienne de Genève, ait organisé son excursion annuelle ce jour-là! Parmi elles, Cécile, étudiante en psycho à qui tout réussissait, venait justement d’être formée aux premiers secours. Elle prit les choses en main, au grand soulagement de ses camarades. Elle la fit s'asseoir à côté d'elle, lui donna de l'eau, la couva bien qu'elle sentît l'alcool. En serrant dans ses bras une Vanessa au comble du désespoir, elle éprouva une émotion inconnue la submerger. C’était donc ça, le coup de foudre. La brise enlaça leurs deux corps. Le temps se suspendit. A ce moment-là, le téléphone de l’une et celui de l’autre se mirent à vibrer de concert. Cette coïncidence sonnait comme un dur rappel à la réalité.

Gwendoline était agacée de n’avoir pas pu parler à Vanessa. Elle ne pouvait imaginer le drame qui venait juste de se jouer au Creux-du-Van pendant qu’à Lausanne elle patientait dans la salle d’attente des urgences. Elle s’était donc contentée d’un message vocal pour prévenir sa meilleure amie: «Je suis au CHUV. Jean-Victor a été agressé par son frère. Eh oui, ce salaud a un jumeau et ils se sont bien foutus de ma gueule. Mais bon, je l’aime, ce con. Enfin, je crois. Je suis perdue… Rappelle-moi quand tu auras ce message. J’ai besoin de toi.» Gwen était mal à l’aise: elle n’aimait pas les hôpitaux. Néanmoins, elle était soulagée d’avoir pu embarquer dans l’hélicoptère jaune qui transporta son chéri: elle s’était fait passer pour sa sœur. Blessé à la tête, le patient était inanimé. C’est Gwen, elle-même, qui avait appelé les secours. L’appareil s’était posé dans les jardins du château de Caux. Lors du vol la jeune femme, qui se sentait coupable d’avoir causé la dispute entre les jumeaux, avait été charmée par la beauté des coteaux de Lavaux vus du ciel. Elle s’en voulut aussi de profiter du spectacle alors que Jean-Victor était mal en point. Il avait été admis en priorité et un jeune médecin, prénommé Sebastián, s’était occupé de lui.

Sebastián était Madrilène. Il avait 28 ans et était venu parachever sa formation en Suisse. Il était passionné par la neurochirurgie et tout indiquait qu’il serait doué. Sa silhouette était élancée. Il pratiquait la taekwondo et les traits de son visage étaient magnifiques. A l’hôpital, ses collègues masculins l’appelaient le «bellâtre» parce que toutes les filles en pinçaient pour lui. Sebastian s’en fichait: sa priorité, c’était la médecine et il n’avait pas besoin de flirter, car il couchait avec Judith, une chirurgienne orthopédiste au sex-appeal incendiaire. Elle avait 45 ans. En marchant dans les couloirs pour aller informer Gwendoline de l’état de Jean-Victor, l’interne pensa à sa maîtresse qu’il avait hâte de retrouver après sa garde qui s’achèverait dans deux heures. Le bel hidalgo se planta devant Gwen. «Il est canon!», se dit-elle. Elle redevint sérieuse quand Sebastián afficha une mine grave. Elle se dit que c’était mauvais signe…

Retrouve le prochain épisode de «Gwendoline est une coquine» dimanche 5 août.


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Vanessa va-t-elle enfin arrêter de jouer des sales tours à Gwendoline? Dans le courant de la semaine, tu pourras orienter la suite du feuilleton en participant à notre sondage en story sur Instagram. Reste connectée!

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