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Emmanuel Coissy

Demain, le soleil brillera encore sur la Floride

par Emmanuel Coissy

19 SEPTEMBRE 2019

Voyage

Plages, sports fun, parcs d’attractions et réserves naturelles… L’État américain est une destination fascinante pour les vacances. Emmanuel en revient après avoir évité les alligators et un ouragan.

«Vous aussi, vous venez de Suède?», me demande la serveuse d’un restaurant panoramique d’où j’admire le coucher du soleil sur le golfe du Mexique, en mangeant du bar grillé. «Non, de Suisse.» Intriguée, elle enchaîne: «Quelle est la différence?» Je la lui explique. Puis elle me demande si, en Suisse, il y a des gens qui ont la même couleur de peau qu’elle. Elle est afro-américaine. Je réponds par l’affirmative et que d’ailleurs mon père est Noir. «Je me disais bien, ça se voit à vos cheveux bouclés.»

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La fin de la journée à St. Pete Beach.

Au moment de cette conversation amusante, ma première avec une habitante de St. Petersburg, ça faisait déjà une semaine que je vivais un autre quiproquo géographique. J’avais annoncé à mon entourage un voyage prochain pour cette ville de la côte ouest de la Floride. La plupart de mes amis pensent encore que je suis allé en Russie... Je devrais peut-être leur envoyer des images de St. Pete Beach, où, par 32°C sous le soleil, rien n’évoque le souvenir de la capitale impériale qui a donné son nom à ce lieu de villégiature américain. Le seul château qui s’y élève s’appelle le Don Cesar. C’est un palace aux murs roses datant de 1928.

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Le Don Cesar est un hôtel construit dans les Années folles.

En dehors des activités balnéaires, la région de St. Petersburg est idéale pour qui aime faire du sport en pleine nature. Weedon Island Preserve, par exemple, est une réserve, de 1300 hectares, dans laquelle j’ai fait du kayak, avec un guide, à travers la mangrove: un vrai labyrinthe. En pagayant pendant quatre heures, j’ai aperçu, à ciel ouvert, des dauphins et des pélicans, symbole de la ville. J’ai aussi vu d’innombrables petits crabes noirs. Ceux-ci envahissent les arbres qui forment des tunnels à travers lesquels on passe aisément avec un canoë.

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Excursion en kayak au Weedon Island Preserve.

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La mangrove de la réserve naturelle forme un labyrinthe.

À midi, juste après cette expérience qui n’a pas ménagé mes épaules, j’ai mangé au Gateway, un excellent restaurant portuaire de la baie de Tampa planté dans un décor de carte postale. Là, en entamant un burger, mon regard tombe sur un voilier entre deux eaux, dont le mât et un bout du pont émergent encore. Le personnel m’indique qu’il n’a pas survécu à une tempête. Le dépannage étant payant, mais trop cher pour certains propriétaires, ces derniers renoncent souvent à ce service et l’épave reste dans l’eau.

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Gateway, un restaurant donnant sur la baie de Tampa.

Septembre est généralement le pic de la saison des ouragans. Justement, pendant mon séjour, fin août, Dorian balayait les Bahamas et fonçait sur la Floride. La population floridienne, résignée face aux caprices des vents, s’affairait aux derniers préparatifs des vacances. Ici, on emploie ce mot pour ce que nous appellerions un week-end prolongé. Le Labour Day (fête du travail aux USA), jour férié, est célébré le premier lundi de septembre.

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Un salon de coiffure du centre-ville de St. Petersburg.

Les Américains ont généralement deux semaines de vacances payées par an: chaque jour est donc précieux. Pour la Floride, destination touristique par excellence, c’est le début de la haute saison et, cette année, elle a dû anticiper une catastrophe naturelle en même temps que le chaos des trafics routier et aérien. «Miami sera plus durement frappée qu’Orlando. Du moins, c’est ce qu’annoncent les nouvelles», m’indique la serveuse d’un café quand je l’interroge sur l’imminence de la tempête.

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Le coucher du soleil à St. Pete Beach.

Du golfe du Mexique à l'Atlantique

Après deux heures de route, sous un soleil de plomb, je suis arrivé à Orlando, au centre de la péninsule, ville mondialement connue grâce à Disney World. Ce n’est pourtant pas la seule attraction qui m’y amène. En chemin, j’ai fait un crochet plus au nord pour nager au beau milieu du Rainbow Springs State Park, dans le comté de Marion. Il est traversé par une source où est aménagé un coin baignade. L’endroit est superbe, sauvage. À tel point que j’en viens à penser aux pancartes indiquant la présence d’alligators. Dans cet État, très marécageux, tous les points d’eau en sont infestés et il y a aussi des serpents. Bien qu’ils craignent l’homme, il faut rester vigilant.

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Un coin baignade dans les eaux du Rainbow Springs State Park.

Orlando et sa périphérie sont constellés de lacs tels que le Tohopekaliga, l’un des plus grands situé au sud de la ville, à Kissimmee. Je l’arpente en hydroglisseur pour observer au plus près ces fameux alligators qui m’effraient tant. L’excursion est décoiffante, au sens propre du terme. Le visage frappé par les éclaboussures, je parcours à vive allure une vaste étendue recouverte de nénuphars et de lotus. Placides, les bêtes ne bronchent pas quand l’embarcation se plante face à elles pour que les touristes les photographient.

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Un alligator dans le lac Tohopekaliga.

Autre manière originale d’appréhender Orlando: la montgolfière! Je me suis levé à 4h pour un décollage à 7h30. La loi interdit tout vol avant l’aube. L’aérostier, Grant, se pose en vieux briscard du ballon. Dans les airs, il multiplie les anecdotes et les bons mots comme s’il s’agissait d’un one-man-show. Le vol est agréable même si le paysage, vu du ciel, n’est pas le plus beau qui soit. Au loin, j’aperçois l’Atlantique où je me rendrai plus tard.

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Survol d'Orlando en montgolfière.

Cocoa Beach est, en voiture, à une heure du centre-ville. Sa plage, immaculée, attire les surfeurs débutants depuis que Kelly Slater, champion mythique et natif du coin, a tâté ici ses premières vagues. J'ai pris un cours dans une école. Souriant, prévenant, le coach, bronzé et musclé, ne ménage pas ses efforts avec un élève aussi nul que moi. Après une demi-heure à boire la tasse, j’arrive à peu près à tenir debout sur la planche. À 11h30, le ciel s’obscurcit et de la bouche du prof s’échappe quelques mots: «L’orage arrive plus tôt que prévu.»

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Une école de surf à Cocoa Beach.

La Floride est le «Sunshine State». C’est écrit sur toutes les plaques d’immatriculation ornées d’une paire d’oranges pendues à un rameau fleuri. Il n’empêche qu’en cette période de l’année, la basse saison, il pleut presque tous les jours à la mi-journée. L’épisode est heureusement très court.

Je profite d’une averse pour partir au Kennedy Space Center, autrement dit Cap Canaveral. C’est d’ici que la conquête américaine de l’espace a débuté. Le premier homme à avoir marché sur la lune, il y a exactement 50 ans, a décollé de cette île. En 2011, la Nasa a interrompu l’activité de la base. Celle-ci accueille néanmoins deux prestataires privés, SpaceX et Boeing, qui proposeront bientôt aux particuliers des vols spatiaux. Le premier est prévu en octobre. Par ailleurs, Cap Canaveral pourrait de nouveau reprendre du service sur le plan militaire: le président Donald Trump vient d’annoncer la création d’une troupe spatiale, dépendante de l’armée de l’air.

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Le Kennedy Space Center.

Aujourd’hui, le Kennedy Space Center est surtout une curiosité à mi-chemin entre le musée et le parc d’attractions. La visite, sensationnelle et admirablement scénographiée, m’éclaire sur un pan d’histoire. Cette étape me permet de frôler les navettes qui ont convoyé tant d’astronautes. C’est un excellent complément à l’incontournable Disney World dont le succès ne faiblit pas. La preuve: vendredi 30 août, le parc a inauguré une attraction liée à la sortie du dernier «Star Wars»: pour y accéder, il y a une queue et une attente de huit heures!

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Un acteur raconte la vie des Amérindiens, au bord du lac Tohopekaliga.

Ce jour-là, je roule en Uber vers l’aéroport. L’état d’urgence est déclaré: lundi 2 septembre, l’ouragan devrait frapper la Floride. Les bulletins météo alarmants sont sur tous les écrans de télévision. Trump se dit inquiet pour cet État dans lequel il vient officiellement de lancer la campagne pour sa réélection. Les habitants, eux, font des réserves pour les jours où ils resteront cloîtrés.

À Orlando, une immigrée portugaise m’a dit que dans ces moments-là, il n’y avait rien d’autre à faire chez soi que manger et boire des bières. Ça m’a fait rire. J’aime son fatalisme empreint d’ironie identique à celui du chauffeur Uber, Victor, qui me lance en me déposant au terminal: «Pourquoi partez-vous maintenant si vous n’avez jamais vu un ouragan? C’est l’occasion rêvée.» Je bredouille une excuse bidon à laquelle il répond plein de malice: «Vous avez raison de vous méfier. Moi, j’ai perdu tous mes cheveux quand le dernier ouragan est passé par ici.» Eh oui, Victor est chauve. Heureusement, il n’a rien eu à craindre de Dorian parce que la tempête tant redoutée ne s’est pas abattue sur la Floride.

Le voyage a été offert par Edelweiss. La compagne aérienne dessert les aéroports de Tampa (St. Petersburg) et d'Orlando au départ de Zurich.

La rédaction remercie Visit St. Pete/Clearwater, Visit Kissimmee, Marion County Florida (Ocala) et Visit Space Coast (Cocoa Beach) pour leur soutien.

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