Duflo

Cinq raisons pour lesquelles on ne peut qu'aimer Esther Duflo, Nobel d'économie

par Eva Grau

17 OCTOBRE 2019

Life

Lundi dernier, elle est devenue la plus jeune lauréate du prix Nobel d’économie de l’histoire. Une prouesse que cette Franco-américaine de 47 ans a accueillie avec modestie, l’une de ses nombreuses qualités. On t’en cite quelques-unes.

  • Elle est précoce. Esther Duflo n’a que 47 ans, ce qui fait d’elle la plus jeune lauréate du Nobel d’économie de l’histoire. Juste après sa nomination, elle a d’ailleurs déclaré: «Je suis très honorée. Pour être honnête, je ne pensais pas qu’il était possible de gagner le Nobel aussi jeune.» Nous non plus, à vrai dire. Mais faut-il s’en étonner? Sa précocité ne date pas d’hier. Elle a été nommée professeure au MIT, l’une des hautes écoles les plus réputées des États-Unis, à seulement 31 ans.
  • Elle est bosseuse. Comme le note le «HuffPost», le nom d’Esther Duflo est cité dans pas moins de 485 publications, d’après Google Scholar – service qui permet de rechercher articles et publications scientifiques. Une production qui laisse pantois. Ainsi, son mari Abhijit Banerjee (photo en tête d'article), qui a reçu le Nobel d’économie conjointement avec Esther Duflo et Michael Kremer, comptabilise «seulement» 480 publications, alors qu’il a douze ans de plus que son épouse. Et une carrière plus longue, puisqu’il fut son directeur de thèse de doctorat au MIT.
  • Elle est engagée. En 2008, Esther Duflo a créé la chaire Savoirs contre la pauvreté au prestigieux Collège de France. La lutte en faveur des plus démunis est au cœur de son travail. «J’ai toujours été consciente du gouffre qu’il y avait entre mon existence et celle des plus pauvres du monde», déclarait-elle, en 2011, à «L’Express». Avec son mari Abhijit, qui est indien, elle a travaillé sur l’élaboration de modèles économiques permettant de mieux prendre en charge les populations pauvres, notamment en lien avec l’éducation des jeunes enfants en Inde. Son engagement l’a menée sur le terrain, où elle est allée de ville en ville et d’école en école.
  • Elle est brillante. Le Prix Nobel n’est que le point culminant de la montagne de récompenses qu’elle a reçues. En 2002 déjà, Esther Duflo s’est vue remettre le prix Elaine Bennett pour la recherche de l’American Economic Association, qui récompense les femmes économistes de moins de 40 ans. Trois ans plus tard, elle est sacrée meilleure jeune économiste de France par le journal «Le Monde» et le Cercle des économistes. En 2010, elle a décroché la médaille John Bates Clarke, comme Joseph Stiglitz, Paul Krugman ou Paul Samuelson, de brillants économistes, avant elle.
  • Elle est modeste. Elle a beau être la deuxième femme à décrocher le Nobel d’économie de l’histoire (après l’Américaine Elinor Ostrom, lauréate en 2009) et crouler sous les distinctions, Esther Duflo reste humble. Lorsqu’au début de son second mandat, Barack Obama la sollicite comme conseillère, elle accepte mais refuse de se prêter au jeu des médias français qui fanfaronnent. «C’est une mission purement consultative, comme il en existe des centaines. Je n’ai jamais rencontré Obama ni même échangé de mail avec lui», déclare-t-elle alors à «Libération». Et, toc.
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