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Instagram irenevrose

Elle «laisse couler» son sang dans Paris

par Marie-Adèle Copin

6 FÉVRIER 2019

Life

Une étudiante française de 20 ans a passé une journée à déambuler dans les rues de la capitale sans protection hygiénique alors qu’elle avait ses règles. Une façon de dénoncer la précarité menstruelle.

Irene est une Parisienne de 20 ans. Elle a décidé de dénoncer la précarité menstruelle. En effet, les tampons et serviettes sont encore un produit de luxe pour de nombreuses femmes en France et ailleurs. Conséquence: beaucoup d’entre elles préfèrent s’en passer ou adopter des méthodes archaïques comme le papier journal ou le papier toilette.

Sur Instagram, celle qui se qualifie d’activiste féministe a lancé, le 1er février, une campagne choc. Pour faire parler d’elle, elle a passé une journée sans porter de protection hygiénique alors qu’elle avait ses menstruations. Dans un legging gris souris, elle s’est rendue à l’université pour suivre ses cours et a publié des photos d’elle sur son compte. Son initiative a eu beaucoup d'écho auprès des médias francophones. Cependant, son compte Instagram et les clichés qui l'accompagnent ont été supprimés depuis.

Une journée normale

Tout au long de cette journée qu’elle qualifie de «normalité ahurissante», elle a laissé couler son sang pendant 12 heures et s'est rendu compte à quel point cela ne lui avait demandé aucun effort. «La seule perturbation a été lorsque des collégiennes m’ont vue dans le RER (…) et qu’elles ont trouvé ça tellement choquant qu’elles ont commencé à rigoler et à me prendre en photo «discrètement». Elles n’ont rien compris à leur vie lorsque j’ai commencé à poser comme la star que je suis, les jambes bien écartées», écrit-elle sur le réseau social.


Son initiative est claire. Irene demande la prise en charge totale du prix des tampons et autres serviettes par l'État. «Cette action n’a pas pour but de générer un débat mais de montrer ce qu’il se passerait si les personnes menstruées décidaient de ne plus payer leurs protections hygiéniques», explique l’étudiante au site Madmoizelle.

Et en Suisse?

Dans notre pays, le débat autour des protections hygiéniques existe aussi. Comme on t’en parlait mardi, la TVA sur les tampons est aussi élevée que celle sur le caviar. Le conseiller national Jacques-André Maire (PS/NE) a déposé en décembre 2018 la motion «Taux réduit de TVA sur les articles d'hygiène féminine», visant à instiguer un changement sur cette problématique jugée discriminatoire envers les femmes. Une pétition en soutien à la motion a également été lancée.

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