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La maison Dior se dit féministe tout en restant bourgeoise

par Emmanuel Coissy

26 FÉVRIER 2019

Fashion

La maison parisienne a présenté aujourd’hui une collection réalisée en collaboration avec l’artiste Tomaso Binga. Paradoxalement, la proposition met en valeur des symboles conservateurs que les féministes ont dézingués dans les années 1970.

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Le décor était constitué de portraits de l'artiste qui s'est photographiée nue.

Bianca Pucciarelli Menna, Italienne âgée de 88 ans, est plus connue sous son nom d’artiste, Tomaso Binga. C’est à dessein qu’elle a pris l’identité d’un homme dans les années 1960 pour pouvoir évoluer dans le milieu de l’art, encore très misogyne. Ce n’est que dans les années 1970, dans la foulée du féminisme, qu’elle révélera qui elle est. La plasticienne était l’invitée de Dior, cet après-midi au Musée Rodin à Paris, à l’occasion du défilé automne-hiver 2019-2020. Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de la maison parisienne, a conçu cette collection en collaboration avec sa compatriote.

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En préambule, l'artiste Tomaso Binga a lu un manifeste féministe.

Tomaso Binga s’est notamment chargée du décor. Les murs étaient tapissés par un abécédaire réalisé avec des photos du corps nu de l’artiste. Celle-ci, en préambule au défilé, a lu un plaidoyer féministe en italien. Cet engagement se retrouvait imprimé sur plusieurs T-shirts de la collection sur lesquels on pouvait lire «SISTERHOOD GLOBAL», «Sisterhood forever», «Sisterhood is Powerfull». Créer «une conversation mondiale sur la féminité» est un principe cher à Maria Grazia Chiuri, qui invite régulièrement des femmes (designers, plasticiennes, intellectuelles) à collaborer avec elle. «Je veux que Dior travaille avec d’autres femmes, que nous soutenions mutuellement nos points de vue.»

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Rang de perles, taille étranglée et jupe plissée: la panoplie de la bourgeoise.

L’entreprise est louable, essentielle même à une époque où la consommation est presque indissociable d’un acte politique (commerce équitable, écologie, cause animale, etc.). Il est donc normal que la mode, une industrie axée autour de la femme, soit féministe. Là où le bât blesse chez Dior, c’est la proposition vestimentaire: taille étranglée par une large ceinture, vestes en prince-de-galles, jupons en tulle, jupes longues plissées, voilettes, sacs monogrammés, manteaux à carreaux, petits colliers de perles… Tout l’attirail de la bourgeoise. Paradoxalement, cette collection met en exergue des symboles conservateurs que les féministes ont dézingués dans les années 1970.

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Maria Grazia Chiuri, directrice artistique des lignes féminines chez Dior.

Elles étaient au premier rang
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