Serviettes Rognee

Il y a des pesticides dans les serviettes hygiéniques

par Eva Grau

23 JUILLET 2018

Health

Un rapport français met en évidence la présence de substances chimiques, dont le glyphosate et les dioxines, dans les protections périodiques.

Glyphosate, dioxines, lindane, hexachlorobenzène et même quintozène: toutes ces substances chimiques sont présentes dans les serviettes hygiéniques, les protège-slips ou encore les tampons. C’est ce que révèle un rapport de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) française rendu public jeudi 19 juillet. L’autorité avait été saisie en 2016 pour évaluer la dangerosité des produits d’hygiène intime. Elle se veut toutefois rassurante: aucun des hydrocarbures ou pesticides détectés ne dépasse le seuil légal.

Interdits depuis 2000

Reste que les résultats de l’étude interpellent: en effet, certains pesticides retrouvés dans les serviettes hygiéniques, qui sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, sont interdits dans l’Union européenne depuis 2000. D’autres substances détectées, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques, cancérogènes probables, se retrouvent généralement dans la fumée de cigarette ou les moteurs diesel.


Selon Gérard Lasfargues, qui a piloté l’étude, le processus de fabrication des protections périodiques, notamment le traitement du coton ou de la cellullose qui les composent, pourrait expliquer la présence de ces substances chimiques. «Des procédés de blanchiment peuvent parfois utiliser des agents chlorés», a-t-il expliqué sur Franceinfo.

La cup pas lavée de tout soupçon

L'Anses n'a pas pu évaluer les risques liés à l’utilisation des coupes menstruelles, faute de données suffisantes, mais elle ne garantit pas pour autant l’innocuité de ces alternatives. «Normalement, l’élastomère ou le silicone qui les composent sont de qualité médicale, mais certaines coupes peuvent libérer des composés organiques volatils ou des phtalates», a déclaré le professeur Lasfargues au Monde.

Risque d'exposition multiple

Si les doses maximales autorisées n’ont pas été dépassées, le rapport met toutefois en garde face au risque d’exposition multiple: «Le CES (Ndlr: comité d’experts spécialisés) souligne qu’il existe d’autres sources d’exposition à ces substances (environnementale, alimentaires, produits de grande consommation) auxquelles les personnes peuvent être exposées, exclues du champ de l’expertise. Il ne peut donc se prononcer sur le risque éventuel pouvant être associé à l’exposition humaine à certaines substances, prenant en compte toutes ces sources d’exposition».

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