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AFP

Depuis #MeToo, les hommes ignorent leur collègues féminines

par Valentina San Martin

29 MAI 2019

Job & Budget

Selon LeanIn.Org, une organisation qui s’engage à lutter contre les stéréotypes liés au genre, depuis #MeToo, 60% des dirigeants masculins se disent mal à l'aise à l'idée de participer à des activités communes avec des femmes sur leur lieu de travail. Revers de la médaille: les femmes ont plus de difficulté à gravir les échelons dans le monde professionnel.

Grâce au mouvement #MeToo lancé en 2017, les choses ont évolué en ce qui concerne l’égalité hommes-femmes. Les hommes qui ont trop souvent abusé de leur pouvoir ont dû assumer la responsabilité de leurs actes et les normes sexistes auxquelles de nombreuses femmes étaient régulièrement confrontées ont été grandement ébranlées. Néanmoins, parmi ces points positifs se cache un aspect un peu moins réjouissant: le mouvement dissuade désormais certains hommes d'interagir avec leurs collègues féminines.

C’est ce que révèle une étude publiée le 17 mai par LeanIn.Org et SurveyMonkey. En effet, 60% des gestionnaires masculins disent redouter de collaborer avec des femmes sur leur lieu de travail, soit une augmentation de 32% par rapport aux recherches effectuées l'année dernière sur le sujet. Les données ont également révélé que les hommes étant haut placés hiérarchiquement étaient actuellement 12 fois plus susceptibles d'hésiter à avoir une réunion en tête-à-tête avec une femme, 9 fois plus de refuser un voyage d’affaires avec une femme et 6 fois plus d'y réfléchir à deux fois avant de se rendre à un dîner de travail avec une femme. En outre, 36% des sondés affirment qu’ils ont déjà évité de coacher ou simplement de socialiser avec une collègue de travail de peur d’être mal perçus.

Cadres surtout masculins

L'ennui, c'est que la plupart des cadres sont des hommes. Les angoisses de ces derniers empêchent donc les femmes de faire leurs preuves et d’évoluer au travail. «Je ne connais personne qui ait été promu et qui n’ait pas eu de conversations en tête-à-tête [avec un supérieur], explique la fondatrice de LeanIn.Org, Sheryl Sandberg, au magazine «Glamour». Les femmes ont besoin de cette rencontre individuelle pour obtenir l'assistance nécessaire pour réussir.»

La solution? LeanIn.Org encourage les hommes à en faire davantage pour soutenir activement les femmes au travail. L’organisation avance qu’il serait bénéfique d’avoir plus de réunions ainsi que plus de coaching, par exemple.

Pour Rachel Thomas, présidente de LeanIn.Org, on devrait diminuer les disparités entre les sexes dans le milieu professionnel. «Lorsque les entreprises emploient plus de femmes, le harcèlement sexuel est moins répandu. Et lorsque les femmes occupent davantage des postes de direction, les bénéfices pour les entreprises sont plus élevés et les politiques de travail plus généreuses. Soutenir les femmes rend les entreprises plus fortes et plus sûres. Pour y arriver, il faut que les hommes fassent partie de la solution», rapporte «Glamour».

Finalement, comme l’explique Sheryl Sandberg, «les gens pensent qu’il suffit de ne pas de nous harceler pour que les choses changent, mais ce n’est pas vrai. Ne pas nous harceler n'est pas suffisant. Vous devez cesser de nous ignorer.»

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