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Mieux cibler le dépistage du cancer du sein

par Eva Grau

2 OCTOBRE 2018

Health

Pas moins de 85’000 femmes, en Europe et en Israël, participeront dès le 1er décembre à une vaste étude sur la personnalisation du dépistage de la maladie. Objectif: éviter les mammographies inutiles et les surdiagnostics.

Mieux cibler le dépistage du cancer du sein pour éviter les risques encourus par les mammographies inutiles et les surdiagnostics entraînant une intervention chirurgicale injustifiée: voilà l’objectif de de MyPeBS (pour «personalising breast screening», en français: «personnaliser le dépistage du cancer du sein»), une étude internationale mobilisant 85’000 femmes durant six ans. Cette vaste enquête, la plus grande au monde sur le sujet, sera lancée le 1er décembre prochain.

L’étude vise à mesurer l’efficacité d’un dépistage systématique ‒ tel qu’il est pratiqué actuellement au-delà d’un certain âge ‒ par rapport à un dépistage basé sur le risque individuel de développer la maladie dans les cinq ans à venir. Ce risque sera calculé à partir des antécédents familiaux de cancer, de l’âge des premières règles, de l'âge, de la densité mammaire ou encore du génotype (le patrimoine héréditaire dépendant de l'ensemble des gènes).

Rayons pas inoffensifs

Le profil établi sur la base de ces données permettra aux chercheurs d’évaluer un niveau de risque auquel le processus de dépistage sera adapté. Ainsi, les femmes ayant un risque élevé feront des mammographies plus fréquentes, afin de détecter plus vite un éventuel cancer, tandis que celles ayant un risque faible éviteront d’exposer inutilement leur corps à des rayons pas forcément inoffensifs, mais aussi aux effets délétères des faux positifs, des surdiagnostics ou encore des surtraitements, explique le dossier de presse de l’étude.

«On a énormément de personnes qui font des examens pour rien, la sensibilité n'est pas parfaite, il y a quand même pas mal de cancers d'intervalle (entre deux mammographies), il y a des faux positifs ‒ des femmes qui ont une image suspecte qui va s'avérer bénigne, on sera obligé de faire une biopsie ‒ il y a aussi le problème du surdiagnostic, soit 10 à 20% des cancers qui n'auraient pas évolué si on ne les avait pas dépistés, tout ça c'est un faisceau de critiques qui milite en faveur d'une amélioration du dépistage», explique Suzette Delaloge, coordinatrice de MyPeBS et oncologue française, à l’Agence France Presse.

Cancer le plus fréquent

Les participantes, âgées de 40 à 70 ans, seront choisies dans cinq pays: France, Italie, Israël, Belgique et Royaume-Uni. Les Etats-Unis et les Pays-Bas sont aussi engagés dans l’étude, mais sans fournir de volontaires. Coordonnée en Europe par Unicancer, MyPeBS est soutenue par l’Union européenne à hauteur de 12 millions d’euros (13 millions de francs suisses). Après l’analyse de tous les résultats, MyPeBS proposera des recommandations générales pour un meilleur dépistage du cancer du sein en Europe.

Pour rappel, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme: 360’000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en Europe. Et près de 6000 en Suisse (chez les femmes), soit 32% de tous les nouveaux cas de cancer touchant les femmes dans notre pays. Avec 18,2% des décès liés au maladie, c’est aussi celui qui présente le taux de mortalité le plus fort chez les femmes en Suisse, devant le cancer du poumon et du côlon, selon les chiffres de la Ligue suisse contre le cancer.

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