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Après ton porc, balance ton toubib!

par Eva Grau

6 NOVEMBRE 2018

Life

Dans le sillage de #MeToo, une journaliste féministe, Suzannah Weiss, vient de lancer le hashtag #MyDoctorSaid. Objectif: inciter chacune à partager ses mauvaises expériences avec le monde médical. Les témoignages, édifiants, pleuvent.

Il y avait #BalanceTonPorc, il y désormais... Balance ton toubib! Lancé le mois dernier par la journaliste féministe américaine Suzannah Weiss, le nouveau hashtag #MyDoctorSaid (Mon docteur a dit) se répand comme une traînée de poudre sur Twitter. Après les Américaines, c’est au tour des Européennes de s’en emparer, dénonçant sur le réseau social les errances et le manque d’empathie de la part du corps médical dont elles ont souffert. Des témoignages glaçants.

Sur son profil, Suzannah Weiss raconte avoir consulté pas moins de dix-sept médecins en l’espace de onze mois avant de savoir enfin de quel mal elle souffrait. Les expériences rapportées par les centaines de femmes reprenant son hashtag sont tout aussi consternants. Surtout, ils révèlent à quel point les femmes sont souvent déconsidérées par les médecins.

«Vous surréagissez»

«Après des années de dépression et deux tentatives de suicide, j’ai enfin trouvé le courage de demander de l’aide à mon docteur, tout ça pour m’entendre dire: «Je pense que vous surréagissez, vous ne croyez pas?», raconte Claire Martin, une internaute anglophone. Autre utilisatrice de Twitter, Amy rapporte, quant à elle, que son médecin lui a répété durant douze ans que «toutes les filles ont mal pendant leurs règles, il n’y a pas de quoi en faire une histoire». Il s’avère qu’elle souffrait d’endométriose en phase 4: «Mon intestin, mon utérus et mes ovaires avaient fusionné», écrit-elle.

#MyDoctorSaid révèle des vécus tout aussi effarants (lire ci-dessous).

S’il est vrai que certaines maladies chroniques telles que la fibromyalgie (douleurs généralisées), l’endométriose ou la maladie de Lyme sont parfois difficiles à diagnostiquer, le hashtag de Suzannah Weiss révèle surtout qu’en 2018, le corps médical semble encore pétri d’un a priori hérité du XIXe siècle selon lequel tous les maux des femmes avaient une seule et unique cause: l’hystérie.

«Il s’agit là d’un problème féministe. Nous sommes malades, souffrantes et même mourantes parce que des gens n’ont toujours pas confiance en notre connaissance de notre propre corps», écrit Suzannah Weiss sur Twitter. Selon la journaliste, les femmes ne sont pas les seules à faire les frais des préjugés du monde médical. «Les personnes de couleur, les personnes LGBT et d’autres populations marginalisées» en seraient aussi victimes.

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