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Aiko n'accédera jamais au trône du chrysanthème

par Emmanuel Coissy

10 AVRIL 2019

Société

Son père, Naruhito, sera empereur du Japon dès le 1er mai. Aiko de Toshi, sa fille unique âgée de 17 ans, ne peut pas prétendre à sa succession parce qu’elle est une femme et que la loi l'en empêche.

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Aiko avec son père, le nouvel empereur, et sa mère à Tokyo en 2017.

La presse internationale se passionne, depuis quelques semaines, pour la famille impériale qui règne sur près de 127 millions de Japonais. L’actuel empereur Akihito, âgé de 85 ans, a annoncé son abdication. Le 1 mai prochain, son fils aîné Naruhito, 59 ans, lui succédera sur le trône du chrysanthème. L’événement sera célébré dans tout le pays, sauf peut-être par les féministes.

Eh oui, cette intronisation nous rappelle que les femmes ne peuvent plus être souveraines du pays. Cette règle est stipulée dans la loi de la maison impériale entrée en vigueur en 1947. Elle est subordonnée à la Constitution. Cela signifie qu’Aiko de Toshi, 17 ans, fille unique du nouvel empereur, est évincée de l'ordre de succession au profit de son oncle, Fumihitio, 53 ans, et de son cousin Hisahito, 12 ans!

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Hisahito, 12 ans, est héritier du trône contrairement à ses sœurs (ci-dessus) et à sa cousine Aiko.

En 2005, comme la famille impériale n’avait plus de jeune héritier, le gouvernement a envisagé une réforme de la loi mais aussi étudié la possibilité que Naruhito et son épouse adoptent un garçon qui aurait été le petit frère d’Aiko. Le projet est mort avec la naissance de Hisahito en 2006.

Ce système est d'autant plus étonnant que huit femmes ont déjà régné sur l’Empire du Soleil levant. La dernière souveraine s’appelait Go-Sakuramachi et fut impératrice de 1762 à 1771. Détail piquant qui démontre néanmoins le malaise suscité jadis par la situation: sur un dessin de l’époque, elle est représentée en homme, avec une barbiche.

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La famille impériale entoure l'empereur Akihito, 85 ans.

Sur cette question, les grandes monarchies européennes ont été plus progressistes que le Japon: sur leur sol, le premier-né, quel que soit son sexe, accède désormais au trône. Le Royaume-Uni a modifié sa loi en 2013. Juste avant la naissance du prince George, a reine Élisabeth II (son arrière-grand-mère) et le parlement ont changé les règles fixant l'ordre de succession à la Couronne britannique qui établissait la préférence masculine. C’était déjà le cas en Suède (1979), aux Pays-Bas (1983), en Norvège (1990), en Belgique (1991), au Danemark (2009) et au Luxembourg (2011).

L’Espagne reste la grande absente. Toutefois, la Constitution stipule que la fille aînée du monarque peut monter sur le trône pour autant qu'elle n'ait pas de frère. Or, le roi Felipe n’a eu que deux filles. C'est donc l'infante Leonor qui lui succédera.

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