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6 idées reçues sur la grève pour le climat

par Gloria Karthan

15 MARS 2019

Life

Aujourd'hui, les jeunes du monde entier descendront dans les rues à l’occasion de la manif pour le climat. Gloria t’explique pourquoi cette mobilisation a toute son importance.

Qu'on soit sceptique ou engagé, tout le monde a déjà abordé au moins une fois le sujet du climat. À l’origine de cet engouement, Greta Thunberg, 16 ans, qui a lancé le mouvement «Fridays for Future». L’été dernier, l’adolescente s’était posée devant le Parlement suédois à Stockholm en signe de protestation. Depuis, l’initiative s’est muée en revendication internationale. Aujourd’hui, vendredi 15 mars, les jeunes de monde entier feront la grève, dont environ 100'000 en Suisse.

Jusqu’ici, les grèves estudiantines ont suscité de vives discussions et des myriades de commentaires sur les réseaux sociaux notamment. Voici donc le genre d’arguments auxquels tu as sûrement déjà été confrontée et comment y répondre correctement.

  • «Faire la grève ne sert à rien»
    Les manifestations d’étudiants n’ont rien de nouveau. Dans les années 1960 déjà, les jeunes défilaient dans les rues. Sans oublier les manifs de 2003 contre la guerre en Irak. Les manifestations attirent l'attention sur un sujet et suscitent d'importants débats au sein de la politique et de la société. Ça a d’ailleurs été le cas ces dernières semaines. Beaucoup n'ont d'autre choix que de sortir dans la rue: certains grévistes ont moins de 18 ans. Ils ne peuvent donc ni voter, ni élire des politiques qui répondent à leurs attentes alors que des décisions qui affectent leur avenir sont prises chaque jour.
  • «Les grévistes sont tous des hypocrites»
    Selon certains, les jeunes se battent pour des causes avec lesquelles ils ne sont pas du tout en accord. Pour être pris au sérieux, on ne devrait pas porter de baskets de marque, on devrait toujours voyager de manière durable et adopter un régime végétalien. Erreur! D’accord, chaque geste compte pour protéger la planète. Toutefois, c’est surtout la vision globale des choses qu’il faut changer. Pas de changement de système, pas de changement climatique. Limiter sa propre consommation, c’est bien. Malheureusement, ce n’est pas assez.
  • «Il faut se concentrer sur ses propres actions avant d’aller dans la rue»
    Beaucoup de gens sous-estiment l'ampleur de leur empreinte écologique, tout en surestimant les effets positifs du fait de renoncer à manger de l'avocat et de faire ses trajets en vélo. Seules cent entreprises génèrent près des trois quarts des émissions industrielles de gaz à effet de serre dans le monde. Continuons à rouler à bicyclette, mangeons peu de viande et ne prenons pas de douche pendant des heures. Mais l’urgence climatique est bel et bien là et les entreprises doivent prendre leurs responsabilités.
  • «Les adultes n’ont pas leur place dans les manifs estudiantines»
    Lors de la grande grève pour le climat du 2 février dernier, j’étais aux côtés de la conseillère nationale socialiste Jacqueline Badran. Cette dernière s’étonnait d’ailleurs du nombre de personnes réunies pour manifester ce jour-là: «Si on m’avait dit il y a vingt ans qu’autant de personnes jeunes et moins jeunes se réuniraient dans la rue pour le climat, je le l’aurais pas cru.» Quel que soit leur âge, toutes les personnes qui descendront dans la rue aujourd'hui s’engageront à faire en sorte que notre planète reste intacte.
  • «Que peut bien faire notre petite Suisse?»
    D'aucuns estiment que ce sont les pays en voie de développement qui posent problème. C'est oublier que l'Allemagne est le sixième producteur mondial de gaz à effet de serre et qu'un Suisse consomme près de dix fois plus de CO2 qu'un résident du Bangladesh et 36 fois plus que toute la population de l’Éthiopie. La Suisse détient à la fois le capital et le savoir-faire pour donner le bon exemple et soutenir d'autres pays.
  • «Les grévistes ont des exigences naïves»
    La Suisse devrait réduire ses émissions à zéro d'ici 2030, demande le mouvement pour le climat. Un objectif élevé. Et c'est très bien. Cela demande des mesures extrêmes, certes. Mais encore une fois, il s’agit d’une urgence.
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