Rupa Biswas Sen Friday Magazine
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35 ans après avoir enregistré cet album, la chanteuse devient célèbre sans le savoir

par Emmanuel Coissy

19 JUILLET 2019

Culture

«Disco Jazz» est adoré par des DJ qui le diffusent dans le monde entier. Il avait pourtant fait un flop à sa sortie au début des années 1980.

«Ce qui m’arrive est totalement inespéré», raconte Rupa Biswas Sen sur les ondes de France Musique, dans un sujet diffusé ce jeudi. À l’antenne, cette Indienne, âgée de 64 ans, savoure sa soudaine notoriété. L’album «Disco Jazz» qu’elle avait enregistré en 1982 à Calgary (Can), produit par ses deux frères, est devenu une référence.

Pourtant, il n’avait pas rencontré le succès à l’époque de sa sortie. Par la suite, la jeune femme avait raccroché et fondé une famille à Calcutta où elle travaille toujours comme journaliste indépendante.

Plus de 35 ans après son enregistrement, le vinyle est devenu culte, notamment grâce à une première réédition non autorisée par un label allemand et l’insertion de certains morceaux dans la bande originale d’un film bollywoodien sorti en 2012.

Selon le «Guardian», qui raconte cette histoire étonnante, la popularité de «Disco Jazz» remonte à 2017. Elle serait due au flair de Boomkat, un disquaire indépendant de Manchester. «Des critiques l’ont rapidement couvert d’éloges, déclenchant le buzz sur la Toile», écrit «Le Monde» qui s’est aussi intéressé au sujet.

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Collectors vendus à prix d’or

Aujourd’hui, un exemplaire du 33 tours original se vend environ 550 francs chez les spécialistes. La chanson «Aaj Shanibar» cumule 1,4 million de vues sur YouTube. Des DJ de premier plan diffusent la voix de Rupa Biswas Sen sur les dancefloors du monde entier. Le public est fasciné par son timbre pointu soutenu par de l’acid house, genre musical qui n’émergera que bien plus tard sur la scène internationale.

Elle n’a pas touché un sou

Seul hic dans ce conte de fées: l’interprète n’était pas au courant qu’elle était devenue célèbre. C’est son fils qui lui annoncera la nouvelle: Rupa Biswas Sen tombe des nues.

Depuis février 2019, elle est active sur Facebook et tente de capitaliser son succès. «Je n’ai pas touché une seule roupie alors que c’est mon nom, ma photo et ma voix qui sont exploités. Personne ne m’a demandé d’autorisation», détaille-t-elle au webzine australien scroll.in en évoquant le label allemand qui l'a spoliée. D’après France Musique, l'indélicat aurait pris contact avec elle récemment. Entre-temps, Numero Group, un label de Chicago, a sorti une réédition autorisée le 29 mars dernier.

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