J'ai testé le mois sans alcool et j’ai foiré

C’est bientôt la fin du Dry January: le mois où beaucoup de monde arrête de boire pendant 31 jours. Marie-Adèle n’a pas tenu deux semaines et elle t’explique pourquoi.

Par Marie-Adèle Copin

J'ai testé le mois sans alcool et j’ai foiré
Image: iStock Après le Nouvel An, les bonnes résolutions ne tiennent jamais bien longtemps
25 Janvier '18
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Tu te souviens de cette pub sexiste Mister Cocktail? «Sans alcool, la fête est plus foll-aaan!» J’avais 9 ans et je voulais vivre l’expérience Mister Cocktail comme cette fille en robe rouge qui danse toute seule devant une pyramide de verres (et qui semble tout de même shootée à l'ecstasy). Aujourd'hui j'ai 22 ans (+84 mois), je réalise que Mister Cocktail m’a menti. Sans alcool, la fête n’est pas plus folle, elle est juste plus chiante. Je m’en suis rendu compte, il y a trois semaines.

Au lendemain du 31 décembre, j’ai décidé d’arrêter l’alcool pendant un mois. Je m’étais dit: «Allez! Essaie de ne pas picoler. Ça va faire du bien à ton foie, tu vas maigrir et tu adores les challenges!» Tout cet enthousiasme dans ma tête m’a donné le tournis. J’ai dû m’asseoir. Finalement, j’ai tenu deux semaines. OK, dix jours. Oui bon, cinq.

Au début (c’est-à-dire les quatre premiers jours), ça avait bien commencé. Si la semaine, ne pas boire d’alcool me semblait facile, c’était compter sans le premier vendredi soir de ce Dry January.

22H00

Le bar est bondé et mes potes bourrés. Je commande un Coca Light. Les magazines féminins m’avaient prévenu: «Souvent, le plus difficile n’est pas d’arrêter l’alcool mais de supporter les commentaires acerbes des autres.» J’étais donc prête, quelques punchlines sous le coude. Mais dans mon cas, nada! Aucune réaction de la part de mes potes. Ils n’en avaient rien à cirer, comme s’ils savaient que j’allais craquer.

23H00

Un gap commence à se creuser entre nous. D’un côté, moi, lucide, normale, magnifique, et de l’autre, ma bande d’amis, bourrés, bêtes, affligeants. Ils deviennent tellement cons que je me demande s’ils n’auraient pas pris des ludes, drogue qui te ralentit à mort, celle que Leonardo DiCaprio ingurgite dans «Le loup de Wall Street».

23H30

Je pense à Mister Cocktail et ce qu’il ferait à ma place à ce moment-là (si tant est que ce monsieur existe). Je me répète: «Sans alcool, la fête est plus folle, sans alcool la fête est plus folle, sans alcool… Quoi ?»

Un pote m’interrompt dans mes incantations: «Heyyyy!» Je le regarde. Il me regarde. «Heeeyyyyyy!», répète-t-il.

«Oui bah, j’t’ai entendu. Vas-y, parle!»

«Tu peux me garder mes clefs?»

En fait, mes amis avaient écouté et enregistré quand plus tôt, je leur avais dit que je ne buvais pas d’alcool. Merde, j’étais devenu leurs porte-manteaux: «Tu peux me garder aussi ma veste steuuuup? Et mon porte-monnaie?» Tu peux garder ma vie en fait?? Mec, c’est pas parce que je ne bois pas d’alcool que je n’ai pas besoin de mes bras.

23H45

Je me dis que ce n’est pas possible. La fille dans la pub Mister Cocktail… On lui a mis un truc dans son verre, c’est sûr! Non mais sérieux, elle s'est vue quand elle n'a pas bue? On ne peut pas être aussi contente de se trémousser toute seule dans une robe rouge aussi serrée, y a un complot, une astuce, un truc.

00H00

Du coup, j’étais tentée. Moi aussi je voulais à nouveau voler des panneaux de signalisation et les ramener chez moi, hyper fière, persuadée d'être une pionnière en me disant que ça ferait un super objet de déco dans mon salon. Moi aussi je voulais commencer mes phrases par: «J’dis pas ça parce que j’suis bourrée, mais…». Moi aussi je voulais dire «je t’aime» à mes amis. Moi aussi je voulais dire «je t’aime» à ceux que j’aime, mais pas plus que ça. Moi aussi je voulais pouvoir crier: «Il est où l’afteeeer???!» et finalement répondre: «Bon bah tout le monde chez moi!»

00H15

Finalement je craque. Je commande un Moscow Mule, triple dose de vodka, histoire de rattraper mes amis déjà partis sur Pluton.

00H16

Des billets s’échangent entre les mains de mes potes. Ils avaient parié! Sur moi! Ils savaient que je ne tiendrai pas. Au fond, ce n’est pas grave. Pourquoi devrais-je me priver du délicieux goût d’un cocktail (un vrai, cette fois-ci)? A mesure que la vodka, le citron vert et la ginger beer coulent dans ma gorge, Mister Cocktail et la fille en rouge s’évaporent de mon esprit. Le reste de la soirée, je ne m’en souviens plus... Je crois qu’on a mis quelque chose dans mon verre.

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