Céder n'est pas consentir

Le comédien Aziz Ansari a récemment été accusé d’abus sexuel. Mais pour certains, il n’est pas question d’agression puisque la demoiselle n'a pas clairement dit «non». Pour Valentina, il y a plusieurs manières de manifester son refus et toutes sont valables.

Par Valentina San Martin

Céder n'est pas consentir
Image: AFP Dans «Black Swan», (1942), l'héroïne subit, entre autres, les avances abusives de son professeur.
21 Janvier '18
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En ce début d'année, l'affaire Aziz Ansari a fait le buzz. Sur le site britannique Babe.net, le créateur de la série «Master of None» s’est vu taxé d’abuseur sexuel par une nana se faisant appeler «Grace», avec qui il était allé en date. Après avoir passé la soirée au resto, il a emmené la jeune Américaine de 22 ans chez lui pour boire un verre. Malgré le fait qu’elle l’ait repoussé à plusieurs reprises et confié être mal à l’aise une fois sur place, il ne s’est pas rétracté. Tu as vécu la même situation? Tu n'as pas su lui faire entendre ton avis et tu t'es ensuite sentie honteuse? Seulement voilà, décliner des avances n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît.

Dire «non»

Encore aujourd'hui, les hommes sont considérés comme des êtres plutôt actifs, et les femmes passives de manière générale. Prenons l’exemple de la télévision par exemple: les scènes où le mec plaque la fille contre un mur #viril tandis qu’elle laisse échapper un soupir entre plaisir et pudeur, on les connaît. Pourquoi n'ose-t-on pas dire «non»? Parce qu’on a peur du jugement, ou simplement parce qu’en tant que femmes, nous ne sommes pas encouragées à le faire (encore moins vis-à-vis d'un mec). Mais entre nous, on a toute dit au moins une fois ces phrases, histoire de manifester notre désaccord de manière polie en espérant qu'il comprenne. Parfois ça a marché, parfois pas. Ce qui est sûr, c'est que même dans ces cas, on doit être entendue.

«J’ai mes règles»

«J’ai mal à la tête»

«Je ne suis pas prête»

«Je ne sais pas trop»

«Je suis fatiguée»

Refus non-verbal

Sinon, on peut aussi exprimer son désintérêt par les gestes. Atention, gros scoop: si une femme repousse un mec à l’aide de ses bras, ferme les jambes ou reste figée, il y a de grandes chances pour qu’elle n’ait pas envie.

Oh mais je le vois venir gros comme une maison le «mais ce n’est pas assez clair», «donc on doit s’attendre à ce que les mecs sachent lire dans les pensées des meufs», «si la fille envoie des signaux contradictoires, on y peut rien». Oui mais selon moi, la vraie problématique ici c’est plutôt: pourquoi on part directement du principe que la demoiselle est d’accord d’office?! Attention, gros scoop 2: une nana n’est pas programmée en mode «oui mon chéri vas-y» par défaut.

Comment s’en sortir?

Les filles: faites-vous entendre. Vous avez le droit d’accepter ou non un rapport, même à la dernière minute. Personne ne vous juge. Si c’est le cas, on laisse tomber ce mec, c’est un con. Et finalement, l'ennui dans l'affaire Aziz Ansari, ce n'est pas de savoir s'il est coupable de pas n'avoir réussi à deviner les attentes de Grace. Ou si c'est un pervers mort de faim qu'il faut montrer du doigt. Mais plutôt s'il a vraiment cherché à connaître l'avis de la jeune femme ou non...

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