Les comptes fitspo me dépriment

Les publications #fitspiration sur Instagram sont censées motiver à garder la forme mais pour Marie-Adèle, c’est tout le contraire. Notre rédactrice raconte son obsession du corps de rêve.

Par Marie-Adèle Copin

Les comptes fitspo me dépriment
Image: Instagram
18 Janvier '18
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Instagram est rempli de filles aux ventres plats, de jolies fesses, de photos avant/après. Il y a plus de 50 millions de posts avec le hashtag #fitspo. Pour rappel, c’est la contraction de fit (qui signifie «en forme») et inspiration. L’intention de ces photos est positive: motiver les gens à faire du sport et manger sainement. Noble cause.

Mais chez moi, elles ont un effet paradoxale. Elles me disent: «Tu ne vas pas avoir un fessier de rêve si tu restes là plantée, à grignoter des Dar-Vida!». Et pourtant, c’est que je fais. Je peux passer une soirée entière enracinée dans mon lit à manger, tout en faisant défiler des photos d’abdos, de toasts à l’avocat, de salades de pépins de raisin et de filles qui ont perdu 30 kilos en un an grâce à Kayla Itsines, la star du fitness sur Insta. Perso, je ne veux pas perdre 30 kilos. Mais j’aimerais être un peu plus sèche et j’ai toujours contrôlé ma façon de manger. Le problème, c’est qu’au lieu de m’inspirer, ces photos me rendent un peu cinglée et me donnent une mauvaise image de moi. Des complexes, j’en ai comme tout le monde (mes fesses, mes cuisses), mais depuis que je regarde les posts fitspo, d’autres complexes sont apparus. Avant, je ne me préoccupais pas vraiment de mes abdos. Depuis un an, je ne regarde plus que ça et j’ai l’impression d’avoir un ventre flasque.

Je ne suis pas la seule. Plusieurs études montrent que l’utilisation de tout réseau social était liée à une insatisfaction corporelle accrue et une alimentation désordonnée. 30 minutes d’exposition à Instagram promouvant le corps idéal, augmente la dépression et l’anxiété.

Une autre recherche a comparé les filles qui postaient des photos de leur corps et celles qui postaient des photos de voyage. Près de 20% des patientes du groupe «fitspo» étaient à risque pour le diagnostic d’un trouble de l’alimentation clinique», ont écrit les auteurs, contre seulement 4,3% pour le groupe des voyageuses.

On fait quoi alors? On se désabonne de Kayla Itsines, on fait du sport quand on en a envie et on essaie d’être indulgente avec soi-même.

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