Citoyennes de seconde zone

Depuis lundi au Sri Lanka, les femmes n'ont plus le droit d'acheter de l'alcool. Au Turkménistan depuis le 1er janvier, elles ne peuvent plus conduire une voiture. Tour d'horizon des pays qui déploient leur arsenal misogyne.

Par Emmanuel Coissy

Citoyennes de seconde zone
Image: iStock Un marchand de vin de la ville de Hikkaduwa, au sud du Sri Lanka.
17 Janvier '18
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On a parfois l’impression que tout est acquis. Pourtant la réalité nous donne souvent tort. Notamment sur la question de l'égalité des sexes. En Suisse, ce principe, bien qu'inscrit dans la loi depuis 1995, n'empêche toujours pas les disparités salariales. A l'étranger, plusieurs annonces récentes sont autant d’atteintes aux droits des femmes et à leurs libertés (lire les exemples ci-dessous).

Dictatures et démocraties 

Cela se passe, comme on peut s’y attendre, dans des pays où la dictature règne mais aussi dans des démocraties telles que le Sri Lanka ou, plus près de chez nous, en Pologne. Dans cet Etat européen, des mouvements de citoyennes (et de citoyens) s’élèvent contre le pouvoir qui empêche l’avortement. Les dernières manifestations ont eu lieu ce week-end dans tout le pays. Les prochaines se dérouleront aujourd’hui-même.

  1. Pas d'alcool!

    C'est un véritable coup de théâtre. Le président du Sri Lanka, Maithripala Sirisenaa, a annoncé dimanche qu'il allait restaurer une loi proprement injuste. Mercredi dernier, il avait abrogé cette disposition légale datant de 1979. Celle-ci interdit de vendre une boisson alcoolisée à une femme: le gouvernement voulait aplanir les disparités liées au sexe. Depuis lundi, c'est retour à la case départ. On ignore la raison de ce revirement. On ignore aussi si l'interdiction de travailler dans un établissement vendant de l'alcool est de nouveau en vigueur.

    Pas d'alcool!

    Image: iStock

  1. Privées de volant

    Depuis le 1er janvier, le président turkmène, Gourbangouly Berdymoukhamedov, interdit aux femmes de conduire une voiture. Le Turkménistan (situé entre la mer Caspienne, l'Iran, l'Ouzbékistan et l'Afghanistan) est une dictature. Cette décision est un acte arbitraire du chef de l'Etat: aucune loi n'a été ratifiée. Elle intervient alors que l'Arabie Saoudite a annoncé l'année dernière que les habitantes du royaume auraient enfin l'autorisation de prendre le volant à partir de juin 2018. C'était le dernier pays du monde à pratiquer une telle iniquité. Les droits humains et les libertés sont systématiquement bafoués au Turkménistan. Par exemple, les véhicules noirs sont interdits, de même que l'importation de médicaments...

    Privées de volant

    Image: iStock

  1. Empêcher l'avortement

    Depuis juillet 2017, il faut une ordonnance médicale pour obtenir la pilule du lendemain en Pologne. C'est une nouvelle mesure du gouvernement ultraconservateur (catholique). Le principe est pervers: le prix de la consultation (28fr) ajouté à celui du médicament (42fr) est un frein pour une partie de la population, dont le salaire moyen est de 1185fr par mois. Pour garantir un traitement optimal, il faut donc décrocher rapidement un rendez-vous chez le médecin, ce qui n'est pas toujours possible. Actuellement, il est presque impossible d'avorter légalement en Pologne, idem à Chypre. En Europe, la pratique est illégale en Irlande et à Andorre, sauf si la santé de la mère est en jeu. A Malte, l'IVG est interdite quelles que soient les circonstances.

    Empêcher l'avortement

    Image: iStock

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