Une histoire de sein

En voulant promouvoir sur Facebook son film «L’Amazone» autour du cancer du sein, la réalisatrice française Alexandra Naoum a enchaîné les difficultés. Dégoûtée, elle s'explique.

Par Valentina San Martin

Une histoire de sein
Image: Instagram alexandranaoum Après la publication d'un lien pour motiver les gens à financer son film, la réalisatrice a voulu sponsoriser son post.
05 Janvier '18
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«Je voudrais que chez Facebook, on m’explique pourquoi, on a refusé de sponsoriser trois de mes posts et qu'on en a même supprimé un à cause de la soi-disant nudité, alors que j’y vois sans arrêt passer du contenu hypersexualisé de la femme, ou des images ultra violentes». Voilà les quelques mots qu’on peut retenir du coup de gueule d’Alexandra Naoum dans une vidéo publiée par le Huffington Post hier.

En décembre, elle avait lancé un crowdfunding pour financer son dernier court-métrage intitulé «L’Amazone». Elle y dépeint l’histoire d’une survivante du cancer du sein ayant subi une mastectomie. Il semble donc logique qu'elle ait choisi un cliché montrant une poitrine pour la promotion du projet.

Oui mais voilà, le réseau social ne l’a pas vu de cet œil, bien au contraire. Considérant que la publication de la jeune femme ne respectait pas son règlement, elle a été supprimée. Suite à cette mésaventure, Alexandra Naoum a tenté tant bien que mal de trouver une solution, en vain. Elle a fait appel à Caroline Drogo, son illustratrice, pour qu'elle lui dessine quelques prototypes, et elle a même expressément flouté ses propres images. Rien à faire: Facebook continue de censurer la première photographie et refuse de sponsoriser ses autres publications (même si ces dernières sont visibles sur sa page).

La question est légitime: pourquoi accepte-t-on sur la Toile du contenu dégradant et  on ne peut plus provocant, comme les fesses ou les seins des célébrités par exemple, alors qu'on refuse des posts symboliques et valorisants pour les femmes? Telle est la question. Quoi qu'il en soit, Alexandra Naoum n'en démord pas. Soutenue par ses 4232 followers, elle compte bien réaliser son court-métrage. Avec l'aide de Facebook ou non.

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